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Beaucoup de monde parle aujourd’hui de la génération Y, des digitales natives, de la génération x etc. C’est à dire les différentes générations qui se retrouvent sur le web aujourd’hui et qui s’échelonnent de 12/13 ans à 45 ans ++.

J’ai vu ces trois générations passer dans le CDI où je travaille et j’ai donc vécu les difficultés et les débats liés à l’intrusion de l’informatique et surtout d’internet depuis 15 ans.

Aujourd’hui ces générations sont objets de discours. Ce discours est porté par un groupe de personnes, qui pour la plupart sont de la génération x. Et ce discours s’articule autour de deux axes : une révolution en cours ou un manque de méthodes.

Les digitales natives vont-il révolutionner le monde ou alors sont-ils une inconscience à venir ?

Moi, ce qu’il me semble surtout, c’est que l’école a abandonné ce terrain à la fois dans l’usage des outils mais aussi et surtout dans la formation culturelle et citoyenne de ces générations.

De qui parle-t-on ?

On en parle beaucoup de ces generation x, generation y, digitales natives… Les premiers, pour les plus vieux sont nés en 1967 (comment faire pour ne pas paraître trop largués). Ceux sont les enfants de la télé. Dans une fête, quand on chante capitaine flam, c’est eux (enfin nous, moi surtout)! Ils ont découvert Internet, ont useneté et listedediscuté comme des dingues, ont viré geek quand c’est devenu l’époque. Ils ont encore des réseaux et des câbles pleins les yeux, des serveurs, des protocoles…

Les Y ont 20-25 ans pour les ancêtres. Ils sont napsterien,s tendance WoW. Ils ont retenu le meilleur du peer (facile). Ils sont multimedia même IRL. Ils se foutent de l’effondrement de la bulle de 2001 et sont google addict. Ils ont des dreads (enfin certains) des pantalons qui bouffent…

Les digitales natives ne savent pas qu’internet a été inventé. Ils sont sur Facebook… Tous ! Mais aussi sur MSN, sur e-bay, sur…

… En même temps !

Et dans nos formations

Pendant ces 15 années où j’ai vu passer ces trois générations, l’évolution des pratiques a été flagrante. Il y a quinze ans il fallait passer son temps à expliquer le fonctionnement d’un logiciel (appropriation des outils) avant de se préoccuper de démarche. Le B-A BA consistait à indiquer que le carré gris en bas à droite était un bouton et que si on cliquait…

L’évolution technologique intuitive des outils en même temps que des pratiques multiples ont complètement changé l’optique la donne. Aujourd’hui, tout l’aspect commande du logiciel (ou du service) est intégré, par contre nous nous heurtons à un autre problème. Nous ne sommes pas légitime auprès des lycéens (et aussi un peu des étudiants que j’encadre à Limoges) pour proposer des formations autour d’internet. 

J’ai l’impression que ce n’est pas un objet d’apprentissage, c’est une immanence et un lieu réservé ! Les formations que nous proposons sur la recherche d’informations ne conduisent pas à grand chose. Une fois la formation terminée, ils reprennent leurs anciennes pratiques. Alors que se passerait-il si nous proposions une formation qui s’appuie sur facebook !

Nous manquons de vocabulaire

Je crois que cet écart est du au fait que nous ne parlons pas de la même chose quand nous abordons l’internet. Internet, ça ne sert pas à rechercher de l’information, ou alors de manière anecdotique ! Internet, c’est comme la cour de récréation, les adultes n’y ont pas leur place !

En même temps les pratiques établies le sont en dehors de l’école. Difficile alors pour l’éducatif de se réapproprier quelque chose qui échappe très largement à son domaine de compétences.

En même temps, nous n’abordons pas internet avec le même prisme. Là où nous parlons méthodes et démarches, eux évoluent dans des espaces multiples, à très haute vitesse. Voir les plus et les moins chez Christophe ; voir aussi le témoignage de père de famille de Philippe Martin quand il observe son dernier enfant.

Donc pas étonnant que les diverses enquêtes (l’enquête belge sur la recherche d’information, l’enquête bretonne sur les doctorants) nous avertissent sur les difficultés à avoir une pratique réflexive sur l’outil.

Et dans le même temps, beaucoup de blogueurs voient en eux l’avenir radieux des organisations. Ils nous les décrivent positivement comme multitâches, désinvoltes, ne voulant pas s’ennuyer, mettant au premier plan leur travail… (du pain béni pour les DRH à condition de prendre en compte leurs besoins).

Oui mais… Dans tous ces discours (et je suis complètement d’accord avec le premier), il y a quelque chose qui me gêne. C’est nous qui parlons, et nous c’est la génération x. Et quand nous parlons, nous le faisons en enfant de la télé qui avons analysé comment nous nous sommes approprié puis désintéressé de cette lucarne pour jouer sur de nouveaux écrans. nos discours oscillent donc entre fascination et analyse critique référant au monde documentaire dont nous sommes issus.

J’ai parfois l’impression que le web, et particulièrement le 2.0, du
moins ses commentateurs avertis, est aujourd’hui la propriété d’une
classe intermédiaire qui vient du monde du livre et qui a la culture nécessaire pour pouvoir évoluer dans ce monde là.

Mais cette génération va être balayée par quelque chose qui arrive, ce que les contempteurs appelle la génération Y. Et personne ne peut prétendre savoir ce qui va se passer. Cela me fait penser aux textes de lovecraft comme la couleur tombée du ciel. Quelque chose arrive mais on n’a pas le langage pour le décrire, alors on utilise imparfaitement des images connues mais qui sont fausses.

Et maintenant une intuition : un besoin de culture

Il y a quelques temps j’ai commenté un billet de Jérôme Bondu intitulé Internet participatif : aussi intelligent que le cerveau d’une mouche commentant lui-même les arguments d’Andrew Keen sur le "mythe de l’amateur".

Il revient notamment sur l’absence de culture que démontre le web. C’est un argument que je trouve très juste. ma veille me conduit à suivre des fils rss de gens qui ont une culture. Et beaucoup de ces gens défendent parfois l’idée de l’inutilité de la culture (ce n’est absolument pas ce que dit Jérôme dans son billet). Mais pour pouvoir faire ce que ces gens font, il faut une culture importante.

Revenons sur la récente enquête belge : cette génération aurait 7,65/20 en recherche d’information. Et faire une recherche d’information requiert une culture nécessaire et pas seulement de savoir manipuler une interface technique ou sociale. On ne peut pas faire une recherche si on n’a pas identifié un besoin d’information et pour identifier un besoin d’information, il faut une matrice culturelle.

Pour moi cela revient à avoir un terreau de connaissances sur le sujet de recherche et une vision globale de ce qu’est l’information, une réflexion sur le monde qui conduisent cette recherche et qui permette notamment de faire le tri, un regard critique sur le monde qui nous entoure, une éthique et une vision politique de soi, des autres, de la Cité.

Alors que penser ? Est-ce que les critères proposés sont obsolètes et inapplicables à cette nouvelle génération ? Cette note de 7,65 ne représenterait alors que le mode de pensée du vieux monde ?

Et maintenant une intuition : un besoin de citoyenneté

Pour dépasser ce clivage entre usage réflexif vs fluidité d’usages je crois qu’il faut revenir à l’éducatif. Et qui dit éducation, dit vision politique de la société que nous voulons, nous parents (et non plus génération x) pour nos enfants. Arrêtons de segmenter et reprenons la main que nous avons laissé aux medias.

J’ai aussi l’impression que les enjeux qui priment aujourd’hui nous conduisent à privilégier l’efficacité au détriment de l’éthique. C’est un fait que l’école tend à devenir un lieu d’apprentissage centré sur le couple compétence/connaissance et contre celui du savoir/culture. Ces apprentissages-ci étant renvoyés dans la sphère familiale et donc renforçant l’héritage culturel.

Il ne peut y avoir d’éthique sans une solide culture personnelle, alors qu’on peut avoir des travailleurs efficaces sans culture.

Je ne sais que penser ! Réflexions en cours.

Webographie

http://www.vaninadelobelle.com/Analyse-sur-la-generation-X_a1067.html

http://philippemartin.soup.io/post/7177221/Les-digital-natives-la-g-n-ration

http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/25/les-jeunes-incapables-de-sinformer-sur-le-net

http://www.jobetic.net/Sur-le-web-2-0,-les-de-30-ans-parlent,-les-de-30-ecoutent-_a1627.html

http://bibliothecaire.wordpress.com/2008/10/07/google-generation

http://www.newzy.fr/management/cadres-lemergence-de-la-generation-dolto.html

http://www.epn-ressources.be/dominique-pasquier-sociabilites-adolescentes-et-technologies-numeriques

http://urfistinfo.blogs.com/urfist_info/2008/05/digital-natives.html

http://www.lemondeinformatique.fr/dossiers/lire-digital-natives-ils-vont-bouleverser-l-entreprise-68-page-1.html

http://www.cluster21.com/blog/christophe_deschamps/les_digital_natives_inventent_le_web_qui_leur_ressemble

 http://www.inter-ligere.net/article-20815657.html

http://knowledgemouv.blogspot.com/2008/06/un-billet-de-jrme-bondu-intitul.html

http://culturedel.info/grcdi/wp-content/uploads/2008/10/seminairegrcdi_2008_aserres_stiegler-et-culture-info.doc

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J’ai fait cette formation en juillet 2008 à destination des profs de mon établissement. Elle porte sur la recherche d’information et dure une heure trente. Il s’agit du "niveau 2" de celle que j’ai faite en juin, et que j’ai améliorée d’ailleurs grâce aux commentaires du réseau apprendre2.0.

Si la première avait pour objectif de découvrir "de manière raisonnée" Google, celle-ci est plus centrée sur la démarche de recherche et sur "comment commencer une recherche ?"

Pour cette formation, j’ai utilisé ce bureau symbaloo.

Elle commence par un diaporama(accessible sur voicethread – toujours aussi problématique les medias embarqués sur wordpress – gestion des <div> délicate maj je ne peux toujours pas en mettre deux en même temps mais ça à l’air de tenir pour celui-ci – majmaj eh bé non !

Après cette présentation, je rebondis donc sur les mots clés. Une recherche plein texte, c’est du langage à maîtriser.

J’impose une recherche sur "les syndicats en France" qui est une recherche faite en seconde cette année. Je demande à deux ou trois participants de me dire 3 mots clés évidents pour la recherche : syndicats, france, syndicalisme etc.

Je leur dit ensuite : on ne va pas les utiliser pour la recherche. Il y a un froid dans l’assistance.

Alors lesquels utiliser ? C’est parti pour un brainstorming en groupe de 5 minutes. A l’issu, je pointe pour cet exercice la difficulté rencontrée par tout un chacun qui n’est pas spécialiste, et surtout par les élèves : le manque de connaissances sur le sujet. On ne peut commencer une recherche qu’à partir de soi. Et si on ne connaît rien, le brainstorming, comme la recherche vont rester au niveau le plus bas.

D’où l’importance d’aller débroussailler, défricher le terrain en utilisant des encyclopédies ou des annuaires ou des portails de ressources déjà identifiés. L’occasion de découvrir, pour les participants Larousse.fr, l’Agora, DMOZ. L’intérêt avec ce dernier est de montrer la différence entre une indexation humaine sur des sites par opposition à une indexation automatique sur des pages.

Le deuxième problème auquel on se heurte est le choix des mots clés à employer dans la recherche. C’est aussi l’occasion de découvrir le portail lexical du CNRS qui est basé sur le TLFI. Découverte et travail sur cet outil.

La proxémie permet de passer à un troisième niveau qui est le croisement entre concepts et mots clés : c’est à dire le réseau de liens qui existent entre les idées et qui est représenté dans le langage. C’est l’occasion de travailler sur le thesaurus et de faire une navigation dans cet outil en suivant les liens de hiérarchie et d’association.

On peut ainsi montrer la différence qu’il y a entre une recherche plein texte et une recherche s’appuyant sur des descripteurs : une recherche par tag. Cette dernière permet de retrouver tout type de media. Cela aurait été bien ici de travailler avec un outil comme del.icio.us ou flickr. Mais le manque de temps et les conditions locales d’usage des outils l’ont rendu impossible.

On passe ensuite, rapidement, sur des moteurs de recherche web qui utilise des "termes associés", en fait du clustering que je définis. J’utilise uniquement yahoo car il permet aussi de voir une recherche par "mots en contexte". Il y a aussi Exalead, Grokker, Quintura

Il est bien évident que cette formation devrait durer le double de temps et permettre une véritable recherche, mais là encore, le temps donné est restreint.

Et pour conclure, le traditionnel diaporama (toujours aussi inaccessible sur wordpress)

 

L’information c’est comme les haricots. Quand il y en a beaucoup, il n’y a pas besoin de mettre en place des stratégies de collecte phénoménale. Il suffit juste de tendre la main.

Cette histoire je l’ai sortie aux enseignants pour justifier d’une recherche raisonnée sur un moteur de recherche. Pourquoi en effet réfléchir aux mots clés et aux requêtes à formuler dans un moteur de recherche ? Pourquoi passer en recherche avancée quand il suffit de mettre un mot clé, même bidon et on trouve quelque chose ?

Mwais.

Quand vient la saison des haricots grimpants, il suffit de cueillir. Cette affirmation est aussi valable pour tous les fruits en pleine saison quand il y a profusion de ressources.

Je suis donc le rang, prenant, à hauteur d’épaule, les haricots qui pendent. J’avance au gré de ma main. Je n’ai pas besoin de prendre ceux du haut ou ceux du bas. Pourquoi me baisser ? Je n’ai pas besoin non plus de fouiller un peu dans l’épais mur des lianes puisqu’ils sont devant mon nez.

Je n’ai pas besoin d’outils ! Pas la peine d’échelles, de gaffes, de trucs pour soulever les rames. Il me suffit de tendre la main pour trouver quelque chose qui me convienne.

La relative standardisation des fruits me permet d’ailleurs de ne même pas me poser la question du goût ou de la consistance. Ils sont là.

Google reproduit cette impression, sauf que l’information, ce n’est pas des haricots. L’information a une profondeur, une distance que les haricots n’auront jamais. Car l’information, ce n’est pas une donnée brute, c’est un peu de nous. Il n’y a d’information que parcequ’il y a nous, notre besoin, notre demande.

Il faut passer outre l’illusion des haricots !

J’ai indiqué la formation que j’ai faite avec les profs de mon établissement scolaire sur Google. Il y avait un objectif caché : inciter les enseignants à travailler sur ces questions avec les élèves.

Bon, ça a été plus vite que prévu puisqu’une prof de français est venue quelques jours plus tard pour une formation sur google avec les secondes.

Dans le même temps, Frédéric Rabat à publié la deuxième partie de son billet sur Google qui est une séance pédagogique. Autant dire que je me suis resservi du travail effectué (le mien et le sien) sans trop l’adapter aux élèves.

Ces élèves ont déjà suivi des formations toute l’année. Ils ont vu les opérateurs booléens, ils ont vu les mots clés, ils ont travaillé sur la démarche de recherche d’information, ils ont vu d’autres moteurs : le logiciel documentaire, exalead, yahoo search, quintura, ils ont travaillé sur la référence, etc.

Mais ils n’ont pas vu google ! A chaque fois nous leur disons : "il n’y a pas que Google dans la vie". Mouais ! Discours !

Bien plus que sur le contenu de la formation, c’est la démarche qui a été intéressante et que je retiens pour l’année prochaine.

Le dispositif

Ces élèves de seconde ont été regroupés, la dernière semaine selon leur orientation prochaine. Il s’agit donc de futurs élèves de première. Donc, nous avons proposé une séance avec une thématique de première en français.

Les élèves doivent, dans le cadre de cette année, acquérir une culture littéraire de base. Pour chaque auteur qui fera l’objet d’une étude, ils doivent faire des recherches sur son contexte. Cela doit aller un peu plus loin que la simple bibliographie. Nous leur avons donc demandé de faire une recherche sur Voltaire comme possible objet d’étude.

Introduction : le cadre de la formation

La prof présente donc le cadre puis, on demande aux élèves d’indiquer par oral ce qu’ils savent de voltaire. La prof note au tableau ce que les élèves disent sans commentaires. Il y a des choses justes, des approximations, des erreurs.

En même temps, au vidéo projecteur, sur le tableau blanc, une diapo "titre de la séance" s’affiche. La présentation faite, nous demandons aux élèves de faire une recherche sans autres consignes. Une demi heure de recherche. Nous observons !

Partir des méthodes de recherche des élèves, ici et maintenant

Au tableau, une seconde diapo avec 6 questions :

– Quels outils avez-vous utilisé ?

– Quels mots clés avez-vous utilisé ?

– En utilisant l’historique, quel a été votre chemin de recherche ?

– Comment prenez-vous des notes ?

– Avez-vous noté vos références ?

– Qu’avez-vous appris ?

Il y a suffisamment d’espace entre les questions pour que je puisse écrire au marqueur les réponses.

Réponse à la question 1. Quels outils de recherche ?

Trois chemins apparaissent :

– recherche directement sur google : la majorité

– Recherche directement sur wikipedia : le reste

– Entre les deux, il y a ceux qui sont passés par google pour accéder sur l’article de wikipedia sur Voltaire.

Je leur indique qu’ils ont un comportement de chercheur conforme à 90 % des utilisateurs en France… et ce malgré avoir travaillé dans l’année sur d’autres moteurs de recherche.

Je leur demande aussi pourquoi wikipedia arrive en premier dans les résultats. C’est l’occasion de revenir sur le pagerank avec cette animation d’Hubert Wassner que je trouve très bien faite.

Réponse à la question 2. Quels mots clés ?

3 séries de mots clés reviennent : "voltaire", "biographie de voltaire", "vie voltaire" (je mets entre guillemet pour la commodité de lecture mais les élèves ne les ont pas utilisés pour leur recherche).

Je présente alors mes quatre diapos sur les mots clés (nintelligent petit nélève à nous, Polnareff, expressions, attention) et je leur demande de comparer le nombre de références trouvées avec et sans guillemets ; en utilisant le "-" pour enlever des références non pertinentes, en utilisant le "OR" pour chercher voltaire OR diderot ; en forçant la présence du mot avec +déiste +voltaire…

Réponse à la question 3. Cheminement de la recherche via l’historique

Chacun, comme pour les questions précédentes, va indiquer ce qu’il a fait pour arriver sur le site qu’il est en train de lire. C’est plus l’occasion d’introduire la recherche comme un chemin dont la trace est l’historique.

Réponse à la question 4. Prise de notes

Pour cette question, il va y avoir 3 types de réponse plus une

– je prends des notes et je reformule sur une feuille de papier

– je prends des notes et je reformule sur un billet numérique

– je fais des copier-coller

– Je prends des notes en fonction de la question posée. cette réponse est celle d’un seul élève que j’exploite à cette occasion.

J’indique aux élèves que je n’apporte aucun jugement sur leurs pratiques. Je veux juste pouvoir comparer ce qu’ils font.

J’en reste là sur cette question. Vu les réponses apportées, ils savent, parce que l’institution le répète depuis la sixième, qu’il ne faut pas faire de copier coller. Alors quand la question est posée par un adulte, il donne la réponse que l’adulte attend (pas tous heureusement).

Ceci étant, vu les débats de ce printemps sur e-doc sur la prise de notes, je suis beaucoup plus circonspect sur le copier-coller.

Réponse à la question 5. Prise de références

Et là, je pleurs. Personne. Quand les profs mettront autant de hargne à travailler ce point qu’ils le font avec le copier coller ou wikipedia, on aura bien avancé ! Ceci étant, je ne suis pas persuadé que le bourrage de crâne soit la bonne méthode !

Il faudra retravailler cette question de la référence (bibliographique, référencement des notes, des sources etc.) Je pense qu’il faudrait argumenter plus sur le versant social et identitaire. Et comme le dit Bruno Devauchelle, si c’est pour faire du formalisme au détriment de l’apprentissage, cela ne vaut pas le coup. Car là aussi et la dernière question est là pour le rappeler, l’objectif est d’apprendre !

Réponse à la question 6. Qu’avez-vous appris ?

C’est vraiment la question centrale. celle qui nous permet de dire cette chose simple : "si vous venez faire une recherche d’information, c’est pour apprendre quelque chose et non pour faire une recherche pour la recherche". C’est quelque chose dont les élèves n’ont pas conscience et je pense aussi quelques docs (je ne parlerais même pas des profs – LoL !!!)

On reprend alors notre brainstorming et les élèves précisent, corrigent ou enrichissent leur travail initial !

Et là, je crois qu’on est loin de google !

Je viens de lire mes statistiques sur IceRocket. les mots clés utilisés pour arriver sur une des pages de ce portfolio sont parfois étonnantes.

A conserver dans une optique de formation

Contexte

Dans le cadre d’une formation que j’ai fait aux enseignants sur le B2I, la commande était la suivante :

– le domaine 4 du B2I,

– liberté de proposer le contenu de la formation,

– inscription libre des enseignants,

– deux créneaux de formation, un créneau "débutant" et un créneau "approfondissement"

– une dizaine d’inscrits par module de formation

– sur une heure et demi.

Un work in contexte (MAJ n’importe quoi!) progress (/MAJ)

En même temps que j’ai fait la recherche bibliographique, j’ai aussi dans un premier temps mis à plat ce que je pouvais proposer. Je l’ai groupé sous forme de pavés, dans une progression de difficultés.

Ces blocs sont soit des blocs compétences, soit des blocs connaissances. Il s’agit d’un mode de classement arbitraire puisque dans la réalité il y a interpénétration des deux mais qui me permet de poser mes idées.

C’est une sorte de work in progress toujours à recommencer. Ce n’est certainement pas exhaustif et c’est très contextualisé. C’est quasiment un brainstorming qui aurait été réalisé par une seule personne et c’est ici.

Mise en place des bureaux symbaloo

En même temps que je travaillais sur la recherche bibliographique et sur ce work in progress, j’ai travaillé à la construction de mes bureaux symbaloo dans lesquels je comptais mettre tous les outils de recherche que j’utilise et plus si affinité.

J’ai donc désormais :

– un bureau outils de recherche classiques

– un bureau archives scientifiques (ouvertes en général)

– un bureau deep web

– un bureau encyclopédies et portails

– un bureau outils linguistiques

– un bureau catalogues de bibliothèques

– un bureau outils de formation

Partir des besoins pour les traduire en actions

J’ai ensuite pensé à faire une enquête sur les compétences informatico-internet des personnes qui voulaient s’inscrire en leur proposant au dos de l’enquête quelques possibilités de formation. Finalement j’ai été voir chacun des participants et je leur ai demandé ce qu’ils en attendaient.

Finalement, j’ai décidé de centrer la première formation, conformément aux conseil de Frédéric Rabat, sur l’usage de Google avec deux parties, une partie technique de recherche et une partie démystification de l’outil.

La seconde formation a plus été centrée sur l’usage d’internet pour l’enseignant avec un module outils pouvant être utilisés, un module veille et un module Droit. Ces trois modules répondant aux demandes des enseignants.

Les outils de la formation

Une fois cela déterminé, j’ai commencé à construire mes séquences, sous forme de mindmap en parallèle avec la construction du diaporama d’accompagnement qui m’a également servi de fil directeur du scénario de formation.

A partir de mes bureaux symbaloo, j’ai aussi construit un bureau symbaloo spécial pour chaque formation. L’objectif est de permettre aux participants d’avoir accès à tous les outils prévus à partir d’un seul outil, le symbaloo. C’est aussi un des grands avantages que je vois à cet outil.

J’ai aussi préparé une page HTML classique dans laquelle il y avait l’adresse d’un bureau symbaloo, le rappele du diaporama et une ou deux autres informations très succintes. L’objectif de cette page est d’être la porte d’entrée dans la formation des participants.

La construction de cette page m’a permis de découvrir et de travailler avec Amaya qui est un éditeur web construit pas le W3C et qui respecte donc les standards édictés par cet organisme. Je le trouve très intuitif et très souple à utiliser.

Pour finir j’ai construit un diggest des informations recueillies à donner aux participants pour leur permettre d’aller plus loin. Tous les outils et documents produits étaient à emporter à la fin de la formation.

Je viens de faire, dans le cadre de la mise en place du B2I en lycée, l’année prochaine, une formation aux enseignants sur le domaine 4, rechercher, se documenter.

Pour cela, j’ai fait un gros travail bibliographique préalable qui m’a permis, à moi aussi, de me remettre les idées au clair. En voici donc le résultat avant la présentation des deux formations.

Une première source

Une des sources essentielles dont je me suis servi est le diaporama d’alexandre serres de l’urfist bretagne sur sortir de google : http://www.uhb.fr/urfist/sortir_de_google

Dans cet objet il aborde aussi bien le fonctionnement d’un moteur de manière approfondie (je lui ai piqué quelques slides) que des démarches de recherche que des outils. A consommer sans modération.

Aspects techniques de la recherche

Par rapport à la construction de cette formation, J’ai d’abord travaillé sur les critères de sélection en recherche avancée, les opérateurs et commandes etc. J’ai utilisé les modes d’emploi de google ainsi que quelques tutoriaux sur le web comme celui-ci ou celui-ci et celui-là.

J’ai également travaillé sur la notion de mots clés avec cet article sur docsdocs et aussi celui-ci sur les mots vides. J’ai aussi balisé du côté des modes de recherche avec ce schéma chez techcruntch qui met bien perspectives modes de recherche revisités par l’innovation technologique. J’ai aussi lu cet article de Nicole Boubée sur l’accès des élèves à la recherche par l’image. Enfin cet article chez Mondeca que je trouve exhaustif des modes de recherche. Et pour introduire sur la problématique totalisante, le scrapping chez affordance.

les algorithmes de recherche et d’affichage et notamment le pagerank qu’explique bien Hubert Wassner de l’ESIEA Laval. Un article ici sur l’utilisation du robot.txt.

Sur les services google, je me suis servi, entre autre, de billets de webrankinfo et du dossier de depannetonpc.

Google ô Dieu

J’ai travaillé ensuite sur Google comme moteur hégémonique et entreprise dominante. Je me suis servi des articles de googleinside sur la nébuleuse google. C’est d’ailleurs dommage que le blog ne soit plus actif, il était de toute première qualité.

Sur l’entreprise Google, les vidéos de la curiosphère et cet article sur l’empire google en chiffres, auquel il faut ajouter quelques articles sur le modèle économique de Google comme ici et ici et notamment son emprise sur la publicité en ligne. L’aspect tentaculaire est bien montré par cet article sur le nouveau googleplex.

Google comme nouvel OS du web et les atteintes à la vie privé sont parmi les sujets les plus sensibles comme cet article sur "google santé" et sur la cardinalité du web comme l’appelle Olivier Erschield. Egalement un article d’abondance sur le recoupement des traces que nous laissons et notamment des recherches dans les moteurs de recherche. Pour finir sur le sujet la nouvelle (pas très bonne) de Cory Doctorow et la vidéo (excellente) de googleinside.

Alors, Peut-on vivre sans Google ?

Des usages

Concernant les usages du moteur, j’ai pris en compte l’enquête belge sur la recherche d’information des étudiants qui corrobe une enquête britannique. Et bien sûr, je me suis servi des précieux conseils de frédéric Rabat alors qu’une enquête montre un taux de résultat unique par moteur de 88%.

A voir également le travail de Jean Veronis et de ses étudiants sur les indices de satisfaction entre moteur et la critique d’activeille.

Voir aussi le coût économique d’une information non trouvée.

Sources complémentaires

Pour plus d’information sur les sources utilisées ou collectées lors de ma veille

http://del.icio.us/jadlat/recherche_d’information

http://del.icio.us/jadlat/moteur_de_recherche

http://del.icio.us/jadlat/google

http://del.icio.us/jadlat/information

http://del.icio.us/jadlat/modele_économique

Quelques données générales sur la recherche d’information sur le web dont je me suis servi :

Sur educnet

Conseils chez Guy Pastres

Quelques sources dont je me suis servi sur les moteurs de recherche :

– Chez Mary Ellen Bates

– Chez apprendre-en-ligne

– Chez Guy Pastres

– sur le fonctionnement de Doona, un moteur "solidaire"

– sur quelques moteurs très spécialisés

– et abondance pour toute son oeuvre

– le premier et toujours utile guide du RiSi

Quelques sources dont je me suis servi sur le web invisible :

99 ressources chez Jessica Hupp

– le classique de Christophe Asselin, bien qu’un peu vieux (merci Olivier)

J’en ai peut-être oublié quelques uns mais je pense avoir balayé une grande part des sources dont je me suis servi, à l’exception de tout ce que je connaissais auparavant et qui n’est plus exprimable sous cette forme-là.
 

Je viens de lire un intéressant article de chez mondeca "De la bibliothéque aux taxonomies, de la conversation au Web 2.0, de la critique littéraire aux Listmania, de l’expert aux bases de connaissances, des concordances bibliques aux index plein texte : Continuité et révolution dans l’accès aux contenus"

Il récapitule tous les accès aux contenus connus. A la fois ceux que nous connaissons (la très grande majorité) et qui se sont mis en place depuis des siècles pour arriver à être stabiliser au 20e siècle et les nouveaux (très peu en définitive).

Ce qui change, en fait, c’est l’automatisation de tous les anciens modes d’accès au contenu avec l’arrivée de l’informatique qui changent tout, et la rapidité d’accès qui en découle !

Je viens de réaliser un mindmap, un peu trop lourd, et peut être pas assez visible mais qui récapitule les différents accès. [maj 17/12/07 – j’ai scindé en deux l’image pour la rendre plus lisible]

Le document Mondeca, et le mindmap peuvent servir pour une formation enseignant ou être le fil conducteur de la formation des élèves en seconde.

A voir !


Le fichier mmap est ici

La seconde séance dure 30 minutes. C’est la prise en main d’un agrégateur un peu particulier car je le fais avec Netvibes. C’est une prise en main rapide et relativement simple.

Nous aidons les élèves à créer leur compte. C’est l’occasion de mettre l’accent sur le couple identifiant/mot clés. Je les laisse ensuite nommer leur page et jouer un peu avec les paramétrages du thème (option). Ensuite, je leur montre ce qu’est un widget (sans utiliser ce terme – je parle de blocs) et comment le manipuler (déplacement par blocs). On crée pour l’occasion un onglet ECJS. Je n’en dis pas plus.

 

Après, vient le moment de s’abonner à un blog. Comme j’ai créé un blog de veille sur la thématique de la pauvreté, les élèves vont déjà s’abonner à celui-ci.

 

Je leur indique ensuite la démarche à suivre, dans un premier temps ouvrir sa page netvibes et ensuite commencer son travail de veille / recherche, en s’abonnant aux sites proposant ce mode d’accès à l’information.

 

Je les encourage également à consulter régulièrement leur page netvibes.

 

Je mets aussi l’accent sur les problématiques de sécurité puisque je leur dis de toujours se déconnecter à la fin d’une session.

Blogged with Flock

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Je viens de lire le billet de recherche d’info (marie ?) sur la serendipité.

 

Elle dit très justement "dans le domaine de la recherche d’information, la sérendipité consiste à transformer en richesse exploitable des données ou des documents glanés au hasard. Autant dire qu’elle est une alliée potentielle, voire providentielle, du chercheur ! Elle permet non seulement de découvrir des informations auxquelles on ne s’attendait pas, mais aussi d’élargir l’horizon de la recherche et, plus globalement, de la connaissance."

 

Qui ne s’est jamais perdu dans les pages d’un dictionnaire à la recherche un mot, et avoir oublié d’en chercher le sens après quelques découvertes magnifiques.

 

Cependant, La dernière phrase du billet de Marie me pose question : "Il n’empêche que la sérendipité ne saurait remplacer une vraie stratégie de recherche, pas seulement fondée sur l’heureux hasard celle-là"

 

J’ai donc laissé un commentaire, en deux points, sur le rapport entre hasard et démarche d’information que je voudrais un peu mieux étayer ici :

 

– Le premier point que j’ai abordé voit la serendipité comme une compétence induite par la maitrise de la recherche d’information et non un hasard merveilleux.

 

"La serendipité ne remplace pas une bonne démarche de recherche, la serendipité ne peut intervenir que chez des personnes formées à la recherche, sinon c’est uniquement de la chance ou pire, de la magie."

 

Je crois que la sérendipité n’est pas du hasard, bien au contraire et même qu’il s’agit d’une compétence supérieure du chasseur d’information.

 

Il ne peut y avoir de sérendipité que parmi les personnes qui ont acquis une démarche struturée, professionnelle (au sens de maîtrise complète et créatrice) de l’ensemble de la démarche de recherche d’information. C’est à dire les personnes qui vont un peu plus loin que mettre un ou plusieurs mots clés, sans réflexion sur leurs pertinences, dans un formulaire de recherche du seul moteur de recherche connu et qui choisissent le premier résultat parcequ’il est le premier et tant pis s’il s’agit d’un lien sponsorisé. En gros nos élèves. Cela ne s’appelle pas chercher, cela s’appelle appuyer sur un bouton.

Il ne peut y avoir de serendipité que parmi les personnes qui sont entrainés dans la spirale d’incertitude que constitue le besoin d’information, tel que défini par André Tricot. Je sais que j’ai besoin parceque je sais que je ne sais pas et ce faisant je ressens un manque à combler. Pour rechercher, je pars de ce que je sais pour arriver à ce que je vais savoir et se faisant, je vais me rendre compte que mon besoin qui a été comblé, s’est déplacé, entraînant un nouveau besoin.

 

Il ne peut y avoir serendipité que par rapport à des besoins peu ou pas du tout exprimés mais sous-jacents chez la personne. Ce qui suppose une curiosité qui n’est possible qu’avec une culture. Je crois que nos élèves ne peuvent faire montre de sérendipité tout simplement parcequ’ils n’ont pas encore (ou plus! mais je veux rester optimiste) une culture au sens classique du terme (reste à définir ce qu’est une culture). J’avoue que ce manque de culture commence à m’effrayer. Ne nous trompons pas, la blogosphère qui est lu par un grand nombre d’abonné est une blogosphère cultivée, adulte (30 – 50 ans) qui a un discours sur le monde sensé. Etre dans le monde du web ne dédouane pas, bien au contraire d’avoir lu ou vu des classiques (balzac ou Dick, Camus ou Ba, peu importe), et d’avoir, sans pour autant parler de diplôme ou d’expérience, construit son intellect.

 

Enfin, il ne peut y avoir de serendipité (et de culture) sans une grande capacité de lecture (litératie). Je suis toujours frappé du formidable coup de frein que nous ressentons chez les élèves, des stratégies d’évitement qu’ils mettent en place, quand il s’agit de passer du moteur de recherche à la lecture. Car, qu’on le veuille ou non, le web c’est encore et surtout du texte, et la vidéo ou l’image ne dédouane pas d’avoir des capacités à les décrypter.

 

Alors oui, sans ces conditions-là, trouver une bonne page revient à s’en fier au hasard, à la chance, à la magie. J’ai mis un mot (ou une phrase) dans un moteur, j’ai appuyé sur le bouton (ma baguette) et me voilà tout d’un coup plus intelligent. Jamais personne ayant ce rapport au web ne trouvera une quelconque pépite, par sérendipité !

 

– Le second point voit la sérendipité comme un élément pertubateur des connaissances établies.

 

"La sérendipité, c’est le grain de sable chez la personne formée à la recherche, c’est ce qui fait dérailler le système et ouvre la porte vers des ailleurs impensés."

 

La sérendipité est une compétence supérieure du chercheur d’information mais, par son aspect cahotique, remet en cause son propre système de connaissances. Rechercher de l’information c’est appliquer une démarche systématique, organisée, réfléchie dont l’objet est l’acquisition de connaissances. C’est mettre de l’ordre dans le monde, c’est faire émerger du chaos, du sens. Et tout à coup, cette systématique déraille, car on se retrouve face à ce que l’on ne cherche pas et qui répond à une question que l’on ne se pose pas, ouvrant des portes insoupçonnées au départ et qui nous force à abandonner notre projet initial.

 

Dans la démarche de recherche d’information, nous sommes dans un projet dont on devine les différentes étapes jusqu’au résultat final. La sérendipité fait exploser ce schéma linéaire, réintroduit du réseau et de la complexité dans sa démarche soutenue de compréhension du monde.

 

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