Archive for the ‘storrytelling’ Category

J’ai racconté comment j’ai cru voir dans un accident que j’ai vécu un peu de sérendipité. Ce même accident m’a aussi interrogé sur une autre fonction importante, celle de prescripteur.

Je viens d’enlever le pare-brise. la camionnette est sur le côté droit. Quand j’ouvre, le conducteur est au dessus d’une pile  de deux autres jeunes gars. Il essaie de s’extirper vers le haut (la fenêtre conducteur) sans succès. Une fois la stupeur de mon apparition passée, il détale comme un lapin. Il a juste une profonde entaille sur l’avant-bras.

En dessous, un deuxième gars gémit, sonné. On va l’extirper de là avec le conducteur et d’autres personnes arrivées sur les lieux de l’accident. Le troisième est conscient, n’a aucune lésions, mais il est coincé. Impossible de le sortir par l’avant.

Il me dit alors qu’il y a suffisamment d’espace entre la fenêtre passager et le sol pour qu’il puisse sortir seul. il me demande alors l’autorisation de sortir par là.

Stupeur ! Quel est donc ce grand pouvoir qui m’habite pour décider cela ? Après tout il est majeur, il peut prendre ses décisions tout seul ! Mais c’est à moi qu’il demande car je suis celui qui à enlevé le pare-brise et est venu les sauver !

Me voici investit d’une immense expertise ! Me voilà ainsi devenu l’alpha et l’omega du traitement de l’information ! Je sais, lui non ! Ou du moins ce qu’il sait (je n’ai pas vu qu’il pouvait sortir par là) a besoin d’être validé par celui à qui on prête une connaissance supérieure. Immense pouvoir !

Sur cet accident je suis devenu le prescripteur, celui qui dit et qui valide.

Cette fonction, on la retrouve dans le prof de discipline dans la légitimité qu’il a acquis comme détenteur du savoir. Il est celui qui prescrit le savoir, considéré comme une alchimie obscure et initiatique. Et sa légitimité sera d’autant plus grande que sa discipline est prestigieuse (histoire, philo) et que sa réputation est fameuse.

C’est aussi ce qui explique à mon avis que des professeurs ne puissent pas se reconnaître dans le terme de formateur (cf. une application professionnelle que je suis en ce moment pour l’université de Limoges). Un professeur est celui qui détient le savoir, un formateur est celui qui transmet des compétences. Il n’y a pas de magie dans le second.

Cette fonction, on la retrouve aussi quand il s’agit de monter une communauté virtuelle avec la figure du parrain (cf CEFRIO). il est celui qui donne les grandes lignes de la communauté et qui veille de loin à sa mise en oeuvre. Son charisme est suffisant pour que chacun accepte la ligne tracée, ce qui va faciliter grandement le travail des coaches et animateurs de la communauté, ainsi adoubée. C’est cette main posée associée aux talents particuliers des animateurs qui les rends prescripteurs dans leur domaine.

On pourrait aussi parler du pharmacien ou du médécin ou du prêtre à qui on remet si facilement nos vies et nos âmes.

Pour qu’il y ait prescription, il faut qu’il y ait un contrat, une relation établie dans laquelle les deux parties reconnaissent "naturellement" et souvent de manière implicite la prépondérance, par la connaissance, de l’une sur l’autre. L’un sait, l’autre ne sait pas.

Mais il faut aussi qu’il y ait une part mystique chez le prescripteur qui lui est conféré par le temps ou par l’âge (la sagesse des anciens), ou délégué par un parrain charismatique ou par la nature alchimique des connaissances à transmettre.

Dans le cadre de mon accident, le changement dans la routine (la longue file de voiture qui vrille quand une dérape et part dans le talus) a conféré au premier arrivé une légitimité circonstancielle que l’acte magique d’enlever le pare-brise a renforcé.

Et nous, pauvres documentalistes de quoi sommes-nous prescripteurs, confondu avec un lieu, sans légitimité de connaissance, sans soutien institutionnel …?

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Un jour que nous rentions de vacances, sur l’autoroute, du côté d’Auxerre, j’ai vu un accident de voiture. Il y avait beaucoup de monde et nous roulions sur deux files, à une bonne vitesse néanmoins.

 

C’est une image assez déroutante. Nous étions dans notre file quand tout à coup, une camionette de déménagement qui était deux voitures devant nous s’est mise à divaguer sur la route, à gauche, à droite, à gauche, à droite, talus latérale, choc frontal violent ! La camionette rebondit sur le talus et s’immobilise sur son côté droit, sur le bas-côté.

Et là il faut intervenir ! Choqué ! Courir et se dire combien de mort ? Pas de suspens, plus de peur que de mal !

Si je parle de cet accident c’est qu’il m’a interrogé sur deux choses qui se sont passées. La première est l’objet de ce billet et la seconde le suivra dans un autre billet.

Comme dans un rêve, j’ai su exactement quoi faire. Un type à l’intérieur appellait à l’aide, et intuitivement, j’ai pris le  pare-brise morcelé avec deux doigts de chaque main (pour ne pas me couper) et sans forcer, je l’ai retiré et je l’ai jeté, à la grande surprise du conducteur qui appelait et qui malgré toute la gravité de la situation s’est arrêté net devant tant de magie !

Pourquoi j’ai fait ça, moi qui ne suit pas secouriste, ni pompier. Je rapproche cette action de la sérendipité dont j’ai déjà parlé par ailleurs.

J’ai toujours été sensibilisé (mon histoire personnelle) à la sécurité et je suis très réactif. j’ai aussi fait mon service militaire dans une spécialité de surveillance. J’ai donc tout un arrière plan mental imprégné par cette fonction. Sans cet arrière plan mental, pas d’intervention possible. La seule réponse  possible que j’aurais pu apporter aurait été "oh ! Les pauvres !"

Et c’est parce que je suis sensibilisé à cette fonction qu’un jour, en regardant la télé ou en écoutant la radio, ou je ne sais trop,  j’ai pris note de cette information : les nouveaux pare-brises (nouveau par rapport à quoi j’en sais rien – nouveau depuis quand j’en sais pas plus !) sont prévus pour ne pas voler en éclat lors d’un choc violent et peuvent être enlever avec deux doigts.

C’est après l’intervention que j’ai analysé pourquoi j’avais agis ainsi et pas sur le coup. Sur le coup j’ai fait et puis c’est tout !

En quoi est-ce que cela relève de la sérendipité  ou de quelque chose d’approchant, pour moi ?

J’ai un arrière plan cognitif préparé qui me permet de sélectionner dans le flux de données des informations qui se transforment instantanément en connaissance, par infusion, par filtrage et non par construction. C’est quasi inconscient ! Survient un élément déclenchant qui me permet d’agir.

Un arrière plan préparé, un filtrage imprégnatif, une changement surprenant dans l’ordre du monde, une action innovante! Je dirais que la sérendipité s’exprime entre le filtrage et la surprise et que l’action déclenchée c’est ce qu’on appelle l’intuition !

A discuter !

L’information c’est comme les haricots. Quand il y en a beaucoup, il n’y a pas besoin de mettre en place des stratégies de collecte phénoménale. Il suffit juste de tendre la main.

Cette histoire je l’ai sortie aux enseignants pour justifier d’une recherche raisonnée sur un moteur de recherche. Pourquoi en effet réfléchir aux mots clés et aux requêtes à formuler dans un moteur de recherche ? Pourquoi passer en recherche avancée quand il suffit de mettre un mot clé, même bidon et on trouve quelque chose ?

Mwais.

Quand vient la saison des haricots grimpants, il suffit de cueillir. Cette affirmation est aussi valable pour tous les fruits en pleine saison quand il y a profusion de ressources.

Je suis donc le rang, prenant, à hauteur d’épaule, les haricots qui pendent. J’avance au gré de ma main. Je n’ai pas besoin de prendre ceux du haut ou ceux du bas. Pourquoi me baisser ? Je n’ai pas besoin non plus de fouiller un peu dans l’épais mur des lianes puisqu’ils sont devant mon nez.

Je n’ai pas besoin d’outils ! Pas la peine d’échelles, de gaffes, de trucs pour soulever les rames. Il me suffit de tendre la main pour trouver quelque chose qui me convienne.

La relative standardisation des fruits me permet d’ailleurs de ne même pas me poser la question du goût ou de la consistance. Ils sont là.

Google reproduit cette impression, sauf que l’information, ce n’est pas des haricots. L’information a une profondeur, une distance que les haricots n’auront jamais. Car l’information, ce n’est pas une donnée brute, c’est un peu de nous. Il n’y a d’information que parcequ’il y a nous, notre besoin, notre demande.

Il faut passer outre l’illusion des haricots !

Cette histoire, je l’ai publié initialement sur knowledgemouv. il s’agit de l’amélioration d’une histoire de Gille Balmisse (cf.
l’illustration, sur un slide (slide 6), pour une conférence qu’il vient de donner à I-Expo).

Puisqu’on y est j’ai trouvé la référence de ce diaporama via le nouvel espace KM de JM Blancherie, sous plateforme affinitiz. Il va falloir que je creuse un petit peu cet espace et peut être m’y inscrire et y participer.

Cette histoire je m’en sers aussi lors de l’évaluation de la première séquence en ECJS en seconde quand il me faut faire la différence entre données, informations, connaissances, compétences.

Je suis au centre de l’attention des élèves et j’énonce "10°", "Paris", "moi". et ainsi de suite…

Donnée 1. : 10°
Donnée 2. : Paris
Donnée 3. : moi

Information 1. : La température est de 10° à Paris
Information 2. : Je suis à Paris
Information 3. : J’ai froid

Connaissance – analyse de l’information : je sais que j’ai froid parceque
connaissance 1. : les gens sont chaudement habillés connaissance environnementale)
Connaissance 2. : nous sommes au mois de mars (connaissance temporelle)
connaissance 3. : je suis conscient de l’information que me renvoie mes sens (connaissance de soi)

Connaissance opérationnelle : Il faut que je me couvre
connaissance 1. : ma maman me disait "couvre-toi" quand il faisait froid (histoire personnelle)
connaissance 2. : pas trouvé – à compléter

Compétence : je mets un manteau
micro-compétence : je tiens le manteau par le col
micro-compétence : j’enfile la manche gauche etc.

 

J’ai indiqué dernièrement ce que je devais à Georges Perec sur la notion de classement. Je voudrais y revenir ici avec cette bonne histoire que je n’ai jamais racconté mais que je garde en réserve pour de possible formation sur le classement.

Tout part en fait d’une question, pourquoi quand je vais dans une grande surface, chez moi ou à 1000 kilomètres, je ne suis jamais perdu ?

Quand je pénètre dans le magasin proprement dit, les caisses sont toujours à gauche. A ma droite, il y a l’électro-ménager et l’électronique, je continue sur la grande allée qui va vers le fond du magasin et sur ma droite toujours, je passe le rayon jouet, puis camping / jardinerie, vaisselle, bricolage automobile avec en façade bien visible les rayonnages d’huile moteur, juste après les vélos ouvrent le rayon sport. Je suis enfin au fond du magasin. Sur ma gauche l’une des trois grandes allées qui charpentent le magasin dans sa longueur. Les deux autres : l’allée centrale et l’allée des caisses.

Et sur toute cette allée, je vais avoir la boulangerie, la charcuterie, la boucherie, le fromage et la poissonier. Je suis maintenant à l’angle nord ouest du magasin, dans cette géographie qui voit le sud à l’entrée, toujours ! Je continue le périmètre, les eaux, les jus de fruits, les bières, le vin, les apéros. J’arrive aux caisses. J’ai fait le tour.

Reprenons de l’allée centrale, à partir du fond. à ma droite les alcools, les biscuits apéro, l’huile, les pates, les légumes secs, les conserves, le chocolat, le café et le petit déjeuner, le frais, les laitages, le surgelé, rayon enfant, soins du corps, hygienne et vêtements.

Si je fais demi-tour, j’ai désormais à ma droite la papeterie et la librairie, les chaussures, les fruits et légumes, qui sont toujours en face du surgelé et qui sont comme l’espace central, espace de vie et de respiration du magasin. On continue, charcuterie sous vide et pâtes fraiches, nourriture animale, droguerie…

Je vais payer et toujours aux caisses mon canard local et les chewing gums qui font rêver les enfants.

Tout a été classé logiquement et le seul espace un peu cahotique, finalement, c’est le chewing gum des caisses qui n’est là que pour faire penser aux enfants qu’ils pourraient bien essayer de tenter leur chance un peu quand même !

"Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté."

Par contre dans les rayonnages c’est la grande bagarre des têtes de gondole. Mais quand je passe, je ne vois rien de tout cela. Et partout en France, ce spectacle fascinant du classement intégré se reproduit. Je met entre parenthèse mon cerveau et je me laisse guider, en automatique.

Ce spectacle, je pourrais le dévider également pour les jardineries, les bricolages et finalement tout ce qui fait l’essence d’une grande surface : une géographie à remplir, des chemins conçu pour faciliter l’accès, partout, à tout moment.

Pour arriver à cela, il faut des routes bien sûr mais aussi un mode d’organisation des données qui reprend très exactement les mêmes principes que pour toute bibliothèque : les mêmes (ou supposé tel) avec les mêmes (les différents types de pâtes ensemble ; riz thaïe et riz de camargue) ; les proches avec les proches (les pâtes et le riz par exemple selon une justification tout à fait arbitraire le mode de cuisson et le mode de consommation) ; la tradition (les pâtes étaient toujours avec le riz dans les anciennes épiceries) ; les paralèlles (à midi, féculent ou boite de conserve ?)…

Ouais mais voilà, l’autre jour j’ai voulu faire du parquet. J’ai donc été dans plusieurs magasins de bricolage. Le parquet est toujours à droite sur l’allée Sud-Nord. Rien que du classique. Dans un de ces magasin pourtant, il me vendait, au même endroit, des balais spéciaux pour nettoyer le parquet.

Et là, je me suis rendu compte qu’il ne me vendait pas seulement du parquet, mais aussi un usage, un chemin, une histoire. Ce n’était plus seulement le même avec le même, c’était aussi l’histoire de ma maison qu’il me vendait. Du rêve !

Ce n’est plus une géographie consituée de chemin et de données stockées mais une histoire constituée de flux de données. Ce n’est pas du matériel mais des possible que l’on me demande d’acheter.

Le classement a cessé d’être une logique de traitement des stocks. Il doit être pensé en fonction d’usages définis ou à rêver.

Bon Amazon a fait mieux depuis avec ses logiques de listes, de recommandations, de clients ayant achetés… etc.

A mettre en relation avec l’article de mondeca dont j’ai déjà parlé ici.

Cette bonne histoire est la conclusion d’une information, auprès d’élèves de seconde, sur la publication de photographies représentants des personnes, sur Internet. Elle invite les élèves à être prudents face à ce media.

C’est une histoire vraie.

Un jour j’avais été sur le blog perso d’un élève. Il y avait une photo de lui, près d’une piscine, avec deux charmantes petites nénettes (et là j’indique aux élèves que j’emploie ce vocabulaire à dessein – dans le même temps, je dessine au tableau une photo schématisée avec trois personnages, l’objectif est d’ancrer encore plus l’histoire dans le réel). D’autres billets indiquaient que cet élève appartenait à un milieu social élevé. Le fait qu’il soit dans le privé donnait aussi d’autres indications. Enfin, sur le billet accompagnant les deux nénettes, il y disait avoir passé ses vacances à Lyon avec ses cousines.

Bè moi, je connais Lyon ! Je sais comment sont disposés les différents quartiers. Les Minguettes, c’est pas les Monts d’Or. En recoupant les informations, j’ai réussi à trouver le lycée dans lequel elles étaient. Avec un peu d’argent et un peu d’effort, une bête photo sur Internet serait devenu un parfait piège à filles (humour dutronesque glacial).

 

Cette histoire fait son effet !

Il y a plus d’un an, MySpace a viré un millier de profil appartenant à des prédateurs sexuels reconnus.

Blogged with Flock

A la fin de la séance sur internet c’est pas magique (voir il y a deux ans et cette année) et après avoir abordé l’exercice sur l’augmentation exponentielle de l’information, je raconte aux élèves la petite histoire suivante :

Nous pesons entre 50 et 80 kilogramme

Nous mesurons entre 1,60 mètre et 1,90 mètre

Nous mangeons 2000 kilo-joules par jours

Nous faisons entre 2 et 10 kilomètres pour venir au lycée

Nous buvons entre un et deux litres par jour

En 1980, la capacité des disques durs d’ordinateurs se mesurait en kilooctet

En 1990, elle se mesurait en mégaoctet

En 2000, en gigaoctet

En 2010, ce sera en terraoctet

 

A combien d’année lumière se situe la prochaine planète sur laquelle nous allons aller un jour ?

Nous avons changé d’échelle. La mesure humaine, c’était le kilo. Les mesures que l’on emploie pour calculer la quantité d’informations sont des mesures à l’échelle de l’univers.

Il nous faut désoramsi apprendre à gérer ce changement d’échelle

En ce moment, nous faisons la première séance en seconde qui est centré autour de l’accessibilité au document dans le CDI. Nous nous servons du module Pardi (lire une notice) pour découvrir les informations permettant d’accéder au document.

Ensuite nous passons sur le logiciel de recherche documentaire pour quelques exercices découvertes.

Je conclue sur la notion d’adresse. Tout objet a une adresse, que ce soit la maison, le téléphone ou la voiture… C’est pareil pour les documents et un document virtuel ne signifie pas qu’il n’ai pas une adresse (adresse IP, index informatique etc.)

Cette notion d’adresse est parfaitement expliqué par Michel Serres dans une vidéo de l’année dernière qui a fait le tour du web. Alors quand l’actualité s’en mêle et nous offre tout rôti une si belle histoire, je ne résiste pas à la raconter :

Dessin signé Julo 

 

En Roumanie, un homme a porté plainte contre Dieu, car ce dernier n’a pas respecté son contrat de le délivrer du mal (le brave homme a un peu tué quelques uns de ses compatriotes).

Là, je laisse un bon blanc car ça fait toujours réagir. Et je continue :

Le tribunal l’a débouté car Dieu n’a pas d’adresse !

En ce moment, je participe à un yahoogroup avec des personnes qui maitrise mal le web. Mal maitriser le web, cela signifie qu’ils utilisent courrament le mail et google, qu’ils vont sur des sites qu’ils connaissent mais que passées ces pratiques, le web est pour eux une terra incognita.

A priori un yahoo group n’est pas quelque chose de très compliqué et pourtant l’inscription, la création de son identité et de son mot de passe, sont des étapes qui peuvent être rédibitoires pour l’inscription. En y réfléchissant, le web 2.0 existe car il a atteint une masse critique d’utilisateur mais il est encore largement facteur de discrimination, de part ces deux zones à renseigner identitifiant/mot de passe.

Et derrière, qu’y a-t-il ? On devine des zones interdites aux non spécialistes, des univers fabuleux réservés à quelques élus, des paradis, des nirvana…

Ce couple est souvent une porte infranchissable car beaucoup d’usager comme les personnes présentées au dessus n’ont pas la représentation de ce qu’il y a derrière.

Pour revenir aux yahoo groups, je racconte cette bonne histoire :

La plateforme des yahoogroups est une très grande maison dans laquelle il y a des chambres, des multitudes de chambres. Certaines chambres sont visibles, d’autres non ; certaines sont accessibles avec une clé (la modération), d’autre non.

Mais pour accéder aux chambres, il faut pouvoir entrer dans la maison. Pour cela, il faut avoir la clé. Le couple ID/mot de passe est la clé que ll’utilisateur doit créer.

A partir de là, on crée ensemble le compte. Un autre écueil va être le choix de l’adresse mail où recevoir les messages (car yahoo veut absolument qu’une adresse yahoo soit créée)

Ensuite, il faut choisir les chambres dans lesquelles les personnes ont envie d’aller (ici c’est le yahoogroup auquel je participe), et on en revient aux chambres visibles ou invisible, aux chambres privées ou publiques.

Le premier échec, la première angoisse du web, la première page blanche de l’écrivain c’est cette page d’accueil avec ces deux zones à remplir. On comprend ce qu’il faut faire, mais en en comprend pas les conséquences. Etr je trouve que voir le web comme un espace nous rattache à du connu, à du palpable, à du sens.

 

Dans le cadre d’un travail que nous faisons en première sur la validité de l’information, j’introduit cette séquence par cette petite histoire :

Quand vous êtes malade, vous allez au docteur, qui vous examine et qui diagnostique une maladie et un traitement adéquat. Ensuite, vous allez au pharmacien qui va vous donner le traitement recommandé, éventuellement vous conseiller sur la prise des médicaments, attirer votre attention sur les problèmes éventuels etc.

 

Les médicaments qui vous sont donnés ont été fabriqués par un industriel qui, pour pouvoir les vendre, a reçu une autorisation administrative de mise sur le marché. Entre votre maladie et le traitement, il y a donc trois intermédaires, trois personnes qui vont vous prescrire ce qui est bon pour vous : des prescripteurs.

Quand vous recevez dans votre boite email un spam vous vantant tel ou tel médicaments (viagra, dhea etc.), vous ne savez pas qui vous envoie ce mail : un docteur ? un pharmacien ? un industriel ? un charlatan ? vous ne savez pas qui ? ni comment ? ce médicament a été fabriqué ?

Vous ne savez rien !

Quand vous faites une recherche d’information, dans un CDI avec le logiciel documentaire, vous retrouvez ces prescripteurs : les document ont des auteurs, ont été validés par des éditeurs, ont été acheté ou décrit par le documentaliste car ils répondent aux besoins du public utilisateur.

Sur Internet, vous n’avez pas ces prescripteurs. C’est à vous de repérer les codes, les informations qui vont vous permettre d’être votre propre prescripteur !




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