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Voici la définition que je me donne de ce qu’est un document.

Les dictionnaires renvoient d’abord à une définition juridique. Voici ce que dit le tlfi : "Pièce écrite, servant d’information ou de preuve". Etymologiquement, le tlfi précise "acte écrit qui sert de témoignage, preuve"? Je vous engage d’ailleurs à aller regarder le graphe proxémique de ce mot ou les synonymes du terme. Tout renvoie à la notion de preuve !

Un document est d’abord une preuve !

Dans l’usage que nous faisons du terme, cette aspect est extrêmement présent, notamment quand nous demandons la bibliographie qui a permis aux élèves de constituer leur dossier.

En documentation, le document est un support matériel sur lequel sont inscrits des informations. La fadben, en a fait une notion organisatrice et donne comme définition avancé :

"le document est un ensemble constitué d’un support matériel sur lesquels sont inscrites, par le recours à différents code de transcription, des informations, structurées et organisées, tant du point de vue du contenu intellectuel que de la forme. Il résulte une intention de communication. Le document formalise et fixe, de façon plus ou moins stables, des informations dont il permet la transcription, le stockage, la reproduction et le traitement. En tant qu’objet documentaire, il est leproduit d’une création par un ou plusieurs auteur(s). Il est référençable et indexable. [les termes en gras sont partie prenante de la définition de la Fadben et renvoient à d’autres notions définies dans les savoirs scolaires en information-documentation (mediadoc – mars 2007) – nda]

Je souscris à cette définition mais je vais tenter de préciser certaines choses. Pour moi, le document c’est un support d’information : un tablette d’argile, un livre, une vidéo, un mur taggué, lascaux, un flux numérique sont des documents.

Un document nécessite un intermédiaire technique pour l’écrire : stylo, clavier, doigts ; et pour le lire : tous les lecteurs possibles, y compris la main qui ouvre le livre. La main est un intermédiaire technique dans le sens où elle est, selon Leroi-Gourhan, l’une des trois conditions qui ont permis le développement de l’intelligence humaine. L’outil en devenant le prolongement.

Il nécessite également une intentionalité d’écriture. Un document a un auteur qui a une autorité – Les deux termes dérivent d’auctoritas, dont la définition de wikipedia indique notamment que "L’auctoritas exprime à son tour l’idée d’augmenter l’efficacité d’un acte juridique ou d’un droit" et conclue sur le sujet "sans elle, pas d’action ; devant elle, pas d’inaction". Nous retrouvons donc associé à l’auteur, ce que nous avons vu comme premier principe d’un document : le champs du juridique ! C’est aussi pour ça que nous allons travailler sur ces deux notions en première.

Un document est toujours quelque chose d’intentionnel. Ce qui importe le plus est donc moins le contenu que de découvrir derrière le contenu l’intention qui a présidé à sa constitution.

L’exemple le plus flagrant est pour moi celui du silex taillé qui n’a aucun intérêt pour un préhistorien s’il n’est pas en contexte avec son nucleus. Mais encore faut-il reconnaître qu’il s’agit d’un silex, puis d’un silex taillé. Ce qui nous amène à l’autre volet, côté lecture : un document n’en est que s’il est reconnu comme tel par un lecteur, ce qui nécessite de savoir lire et d’avoir la culture adéquate pour le lire (cf. Champollion et le décodage des hiéroglyphes).

Cette culture n’est pas seulement allogène, comme le laisse supposé l’exemple de Champollion, mais aussi ici et maintenant. Pour lire un document, il faut apporter sa propre culture et c’est souvent le hic quand nous travaillons avec des élèves. C’est que la culture nécessaire à la lecture du document est souvent bien plus grande que la leur. Ceci étant, il faut se frotter à l’inconnu pour grandir. Mais cet inconnu ne doit pas être trop éloigné sous peine d’en rendre impossible l’établissement des passerelles nécessaires à la lecture.

Un document n’est plus un document s’il n’est pas accessible intellectuellement. Il ne l’est pas plus s’il ne l’est pas matériellement. un document à une adresse, qu’il soit appréhendable matériellement ou virtuellement. Bien plus que cette distinction, qui prête à confusion, un document est hors ligne ou en ligne.

Et pour conclure, un document est référençable. C’est à dire que je peux le décrire. Décrire un document c’est en donner l’adresse d’une part et ensuite avoir un discours sur le document qui permette à un potentiel chercheur de juger de la pertinence du document eu égard à son propre besoin.




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