Archive for the ‘classement’ Category

Sur, BPM, l’auteur revient sur l’essence de sa veille en trois billets (1, 2, 3). Je retrouve dans ces textes beaucoup de points communs avec ma propre démarche. C’est donc avant tout une construction empirique avec comme fil directeur les nouveaux outils à notre disposition.

Classements et accès : rappel

J’ai expliqué, dernièrement, comme j’utilisais le classement thématique pour lire mes flux rss sur netvibes : préférence d’un macro-classement et distinction entre centres d’intérêts faibles et centres d’intérêts forts.

Egalement deux modes de lecture : une lecture chronologique stricte de plusieurs flux avec l’usage des planets ou des flux mixés (industrialisation de la lecture) et une lecture panoptique sur un centre d’intérêt qui me permet de voir qui écrits et quoi ? Et donc ce la me permet de voir un peu ce qui buzze.

Une plus grande transversalité

A côté de ça, j’ai mis en oeuvre des onglets plus transversaux.

J’ai ainsi mis en place une page de veille sur quelques mot clés liés à mes méthode de travail sur wikio, delicious, wasalive.

– des mots clés liés à la relation à l’autre : tutorat, accompagnement, mentorat, coaching ;

– des mots clés liés au mapping : heuristique, concept map etc ;

des mots clés liés au travail à plusieurs : collaboratif et participatif.

– je prévois dans un avenir proche de cibler également quelques méthodes et outils intéressants : brainstorming, storytelling, intelligence collective etc.

J’ai aussi mis en place une veille de veille. Quelques sites, institutions, planets (merci Olivier C. pour m’avoir fait découvrir cet outil) ou particuliers font des veilles qu’ils publient. Je consulte donc ces sites régulièrement.

Lecture quotidienne, communautés et nouveautés

Un blog est pour moi (et pour beaucoup de monde d’ailleurs) un outil d’apprentissage et un outil communautaire. Dans l’onglet lecture quotidienne se retrouve ceux dont la lecture m’apporte souvent des connaissances en phase avec mes besoins d’apprentissage. C’est une page évolutive. Evolutive parce que un apprentissage s’achève toujours. Ce qui reste alors est une familiarité et une appartenance une pensée. C’est ces traces là que l’on retrouve dans cet onglet.

Familiarité et appartenance se retrouve aussi dans l’onglet "mes réseaux". C’est là que je suis avec plaisir les "proches", c’est à dire ceux avec qui j’ai échangé un peu plus que des connaissances. Il y a là, les personnes que je connais via le tutorat et Limoges, via apprendre2.0 ou via twitter (principalement). C’est ici aussi une liste évolutive, sachant que la limite entre les deux est assez floue. Cela me permet d’avoir une vision rapide de ce qu’ils disent et de laisser un commentaire
rapide si cela me dit.

Enfin pour lutter contre l’inflation (lien sponsorisé par Bercy), j’ai mis en place un onglet test. Tous les nouveaux se retrouvent là. Cela me permet de voir si l’abonnement que je viens de prendre est sur le coup de la lecture d’un article enthousiasmant ou si, dans la durée le blog va m’apporter des connaissances.

 

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J’ai complètement revu ce billet entre hier soir et ce matin.

Olivier Ertzschield avait fait, il y a quelque temps un billet très intéressant (ils sont tous très intéressants) sur le web implicite. J’en avais fait un commentaire en juin 2007, sur ma base de connaissances knowledgemouv.

Le web implicite, c’est de mettre en avant, non plus le noeud du réseau, c’est à dire le document hypertexte relié à d’autre document, mais la relation.

Le web implicite, ensuite, est de mettre en avant, non plus le lien hypertexte a priori, c’est à dire celui qui a été mis par l’auteur, mais le parcours de l’utilisateur.

Quand je repense à mon magasin de bricolage, c’est à ce double mouvement que je pense. Ce n’est pas du parquet que me vend le magasin, c’est une histoire, une relation entre un besoin immédiat et l’évolution dans le temps de ce besoin, une fois réalisé.

Ce double mouvement se retrouve dans toute la société et dans nos CDI également. Il s’exprime à la fois par le passage de l’accès hiérarchique à l’information à l’accès analogique et du passage d’une logique de stock à une logique d’usager.

En quelques années, l’accès à l’information a considérablement évolué. Cet accès est traditionnellement centré sur le document, lui-même au centre des espaces de savoir :

– le CDI comme centre de la documentation

– internet première génération comme mythe de la bibliothèque universelle

– le magasin de bricolage comme lieu de stockage du parquet.

Les documents sont alors rangés selon des caractéristiques hiérachiques pré-établies. Ceux sont ces caractéristiques qui font foi et marque le savoir, plus peut être que le contenu du document en lui même : le sommaire, la classification dewey, l’organisation pyramidale, le contrôle de tout ce qui se fait, le culte du chef, la centralisation etc.

Avec Internet, on peux relier, de manière aisée, deux documents entre eux, non plus selon ces caractéristiques définies hiérarchiquement mais selon des morceaux de contenus interne à chaque document. L’accès se faisant alors par le lien hypertexte. Ce lien hypertexte étant défini a priori en fonction des présupposés de l’auteur du document le plus récent.

De ce point de vue, ce n’est pas une révolution. Pierre Lévy, il y a quelques années avait bien montré qu’il s’agissait en fait d’une réification d’un processus cognitif humain (pas de référence à donner mais un souvenir de capes). L’index d’une encyclopédie fonctionne sur ce même principe, comme les communautés de pratiques.

En paralèlle à ce mouvement de bascule de la hiérarchie vers l’analogie, deux mouvements :

– La centralité passe du document vers l’usager : le client au centre, l’usager au centre, l’élève au centre et non plus les contenus. Le user centric désormais est la règle. C’est une règle marchande
qui voit triompher un seul type de relation : vendeur
/ client. Et cette relation, les marchands veulent la controler et
mieux la générer. Il faut donc penser le chemin qui sera le plus en phase entre
le contenu et l’usager.

– ce n’est plus le document et le savoir qui prime mais l’information (ce qui intéresse l’usager) et la connaissance (ce que sait l’usager) ou la compétence (ce qu’il sait faire). Nous sommes donc passé de l’objet au sujet, de l’objectif au subjectif, de l’explicite à l’implicite et au tacite.

De ce point de vue, ce qui importe désormais, ce n’est plus les documents reliés entre eux (quelque soit la nature de la relation) dans une logique encyclopédique de référencement, mais le lien hypertexte en lui-même, pensé désormais comme le balisage, le chemin d’une information à une autre. Ce qui importe désormais, c’est le voyage, l’expérience proposée à l’usager.

Les outils d’accès à l’information que nous utilisons dans les CDI suivent cette évolution. L’histoire bibliothéconomique nous lègue des classements hiérachiques, ordonnés et centré sur le stock de données à gérer. Aujourd’hui, ils n’est même plus question de penser à gérer des stocks de données autrement que par un adressage numérique. Il y en a trop. Les classifications sont donc obsolète mais peuvent encore faire illusion dans nos CDI.

Des thesaurus, les moteurs de recherche comme exalead ou yahoo search n’ont retenu que les termes associés (même s’il s’agit de clustering pour le premier). Ce qui domine désormais, pour accéder aux documents, c’est la navigation, de proche en proche, analogique, hypertextuelle. Au revoir la hiérarchie et vive l’analogie ! En attendant le web sémantique ? Ouais mais on a encore nos étagères dans les CDI !

Il ne peut donc plus y avoir de classement mais un contenu, un client et une relation entre les deux. Désormais le modèle classificatoire qui s’impose est l’ontologie avec ses relations très précises ou les facettes générant des parcours prédéfinis , sur de petits périmètres de données, comme un CDI par exemple.

Quels outils pour les CDI et quels modèles classificatoires pour quels accès à l’information ? Quelles relations mettre en place entre les usagers et les contenus ? Comment penser ces relations ? On réfléchit !

Heureusement que Claudie est bonne là-dessus. Quand je lui dit que j’apprends plein de chose avec elle !

 

J’ai indiqué dernièrement ce que je devais à Georges Perec sur la notion de classement. Je voudrais y revenir ici avec cette bonne histoire que je n’ai jamais racconté mais que je garde en réserve pour de possible formation sur le classement.

Tout part en fait d’une question, pourquoi quand je vais dans une grande surface, chez moi ou à 1000 kilomètres, je ne suis jamais perdu ?

Quand je pénètre dans le magasin proprement dit, les caisses sont toujours à gauche. A ma droite, il y a l’électro-ménager et l’électronique, je continue sur la grande allée qui va vers le fond du magasin et sur ma droite toujours, je passe le rayon jouet, puis camping / jardinerie, vaisselle, bricolage automobile avec en façade bien visible les rayonnages d’huile moteur, juste après les vélos ouvrent le rayon sport. Je suis enfin au fond du magasin. Sur ma gauche l’une des trois grandes allées qui charpentent le magasin dans sa longueur. Les deux autres : l’allée centrale et l’allée des caisses.

Et sur toute cette allée, je vais avoir la boulangerie, la charcuterie, la boucherie, le fromage et la poissonier. Je suis maintenant à l’angle nord ouest du magasin, dans cette géographie qui voit le sud à l’entrée, toujours ! Je continue le périmètre, les eaux, les jus de fruits, les bières, le vin, les apéros. J’arrive aux caisses. J’ai fait le tour.

Reprenons de l’allée centrale, à partir du fond. à ma droite les alcools, les biscuits apéro, l’huile, les pates, les légumes secs, les conserves, le chocolat, le café et le petit déjeuner, le frais, les laitages, le surgelé, rayon enfant, soins du corps, hygienne et vêtements.

Si je fais demi-tour, j’ai désormais à ma droite la papeterie et la librairie, les chaussures, les fruits et légumes, qui sont toujours en face du surgelé et qui sont comme l’espace central, espace de vie et de respiration du magasin. On continue, charcuterie sous vide et pâtes fraiches, nourriture animale, droguerie…

Je vais payer et toujours aux caisses mon canard local et les chewing gums qui font rêver les enfants.

Tout a été classé logiquement et le seul espace un peu cahotique, finalement, c’est le chewing gum des caisses qui n’est là que pour faire penser aux enfants qu’ils pourraient bien essayer de tenter leur chance un peu quand même !

"Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté."

Par contre dans les rayonnages c’est la grande bagarre des têtes de gondole. Mais quand je passe, je ne vois rien de tout cela. Et partout en France, ce spectacle fascinant du classement intégré se reproduit. Je met entre parenthèse mon cerveau et je me laisse guider, en automatique.

Ce spectacle, je pourrais le dévider également pour les jardineries, les bricolages et finalement tout ce qui fait l’essence d’une grande surface : une géographie à remplir, des chemins conçu pour faciliter l’accès, partout, à tout moment.

Pour arriver à cela, il faut des routes bien sûr mais aussi un mode d’organisation des données qui reprend très exactement les mêmes principes que pour toute bibliothèque : les mêmes (ou supposé tel) avec les mêmes (les différents types de pâtes ensemble ; riz thaïe et riz de camargue) ; les proches avec les proches (les pâtes et le riz par exemple selon une justification tout à fait arbitraire le mode de cuisson et le mode de consommation) ; la tradition (les pâtes étaient toujours avec le riz dans les anciennes épiceries) ; les paralèlles (à midi, féculent ou boite de conserve ?)…

Ouais mais voilà, l’autre jour j’ai voulu faire du parquet. J’ai donc été dans plusieurs magasins de bricolage. Le parquet est toujours à droite sur l’allée Sud-Nord. Rien que du classique. Dans un de ces magasin pourtant, il me vendait, au même endroit, des balais spéciaux pour nettoyer le parquet.

Et là, je me suis rendu compte qu’il ne me vendait pas seulement du parquet, mais aussi un usage, un chemin, une histoire. Ce n’était plus seulement le même avec le même, c’était aussi l’histoire de ma maison qu’il me vendait. Du rêve !

Ce n’est plus une géographie consituée de chemin et de données stockées mais une histoire constituée de flux de données. Ce n’est pas du matériel mais des possible que l’on me demande d’acheter.

Le classement a cessé d’être une logique de traitement des stocks. Il doit être pensé en fonction d’usages définis ou à rêver.

Bon Amazon a fait mieux depuis avec ses logiques de listes, de recommandations, de clients ayant achetés… etc.

A mettre en relation avec l’article de mondeca dont j’ai déjà parlé ici.

Nous avons au CDI une stagiaire. Vendredi, c’était la première fois qu’elle venait. Elle a une trentaine d’année et veut passer le capes de documentation. De formation éditoriale, ses attentes concernent plutôt la gestion documentaire.

Donc, je lui ai fait faire le traditionnel ménage du CDI Smiley

Bon, je ne suis pas si pourri que ça ! En fait je lui avait préparé une pile de documents à ranger. Il n’y a rien de plus formateur à mon avis pour prendre en main un service.

Elle avait, à sa disposition le plan que je donne aux élèves pour la visite du CDI, à charge pour elle de comprendre le fonctionnement et de poser des questions sur le pourquoi du comment.

La deuxième heure, je lui ai passé l’abrégé de la classification dewey pour qu’elle essaie de trouver des réponses à certaines cotes.

L’entretien s’est déroulé l’après-midi et à tourné sur les classements des documents et sur l’adaptation des règles au niveau local.

Elle est très fine et à de suite montré certaines incohérences dans le plan de classement. Cela a également permis de voir l’historique de l’évolution du CDI.

Sur ce sujet, on a terminé sur les incohérences de la classification dewey dont voici un mindmap rapide.

Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’a pas apprécié que je dise que cette classification est connoté idéologiquement.

Bon !




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