Archive for the ‘apprentissage – formation’ Category

Dernièrement, avec le réseau apprendre 2.0, nous avons eu une présentation, fait par Erwan de Moodle.

Et toujours persiste chez moi cette impression que je ressens sur la distance dans l’apprentissage : la distance rapproche.

En parlant de Moodle et de sa mise en place, Erwan nous a montré que son rôle d’enseignant changeait. Il n’est plus le dispensateur des savoirs, il est devenu un accompagnateur.

L’outil permet une plus grande souplesse et une plus grande individualisation dans la relation pédagogique avec les étudiants. D’autant plus que l’outil permet de faire une suivi statistique des activités des étudiants. Pour eux, il n’est plus question de se cacher derrière de faux arguments car l’outil statistique est là pour calculer leur fréquence d’usage. Bien entendu les étudiants sont au courant de ces statistiques, ce qui peut probablement occasionner quelques biais.

Un autre intérêt, c’est le gommage du phénomène « grosse gueule » dont parlait déjà Richard Collin lors des étés TIC de Rennes 2007. Erwan nous a rapporté le cas d’une étudiante qui ne s’exprime jamais dans la classe, qui n’est pas très bonne, mais qui utilise à très bon escient la plateforme pour comprendre et progresser et qui s’y exprime beaucoup plus facilement qu’en classe. Comme si il y avait deux étudiantes en elle, celle qui est réservé en classe et celle qui s’exprime sur la plateforme et qui a noué une relation autre avec le formateur.

Mon expérience de l’apprentissage à distance va dans ce sens. j’ai travaillé avec des gens avec qui je n’aurais probablement pas travaillé et surtout avec qui je n’aurai pas eu la même liberté. Le fait d’être en présence des gens créé des phénomènes de retenues. Et la distance change la relation, un peu à la manière des hérissons de Schopenhauer.

« Une légende sibérienne — reprise par Schopenhauer — met fort opportunément en scène des hérissons pour théâtraliser [l’]éthique de la distance idéale. Deux animaux se trouvent dans un endroit désert et gelé. La neige épaisse et la glace abondante les contraignent au grelottement, au péril et au risque de la mort par le froid. De sorte qu’ils se rapprochent, se côtoient physiquement, et finissent par se réchauffer — mais pour ce faire, ils se touchent, puis se piquent. Afin d’éviter la piqûre, ils s’éloignent, prennent de la distance, se séparent — mais se mettent à nouveau à éprouver la morsure du climat. Excessivement proche d’autrui, ou trop éloigné de lui, les risques négatifs paraissent semblables : un écoeurement de déconvenue et de solitude, une nausée de désappointement ou de réclusion, une lassitude, un désenchantement, un dégoût généralisé. » –
M Onfray sité via ce commentaire à ce billet http://emiliefolie.blogspot.com/2006/02/lanimalerie.html

La distance lève les appréhension et change le rôle de l’enseignant. Elle permet une autre liberté.

Pour finir, je vous renvoie à cette vidéo de l’université de Nantes sur le rôle d’un tuteur en université. Je la trouve vraiment intéressante car concrètement, elle dit que la distance rapproche. Je m’explique la distance géographique est abolie par les TICE mais il y a aussi la distance temporelle et surtout la distance inter-personnelle qui est abolit, « le décorum de l’université ».

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J’ai racconté comment j’ai cru voir dans un accident que j’ai vécu un peu de sérendipité. Ce même accident m’a aussi interrogé sur une autre fonction importante, celle de prescripteur.

Je viens d’enlever le pare-brise. la camionnette est sur le côté droit. Quand j’ouvre, le conducteur est au dessus d’une pile  de deux autres jeunes gars. Il essaie de s’extirper vers le haut (la fenêtre conducteur) sans succès. Une fois la stupeur de mon apparition passée, il détale comme un lapin. Il a juste une profonde entaille sur l’avant-bras.

En dessous, un deuxième gars gémit, sonné. On va l’extirper de là avec le conducteur et d’autres personnes arrivées sur les lieux de l’accident. Le troisième est conscient, n’a aucune lésions, mais il est coincé. Impossible de le sortir par l’avant.

Il me dit alors qu’il y a suffisamment d’espace entre la fenêtre passager et le sol pour qu’il puisse sortir seul. il me demande alors l’autorisation de sortir par là.

Stupeur ! Quel est donc ce grand pouvoir qui m’habite pour décider cela ? Après tout il est majeur, il peut prendre ses décisions tout seul ! Mais c’est à moi qu’il demande car je suis celui qui à enlevé le pare-brise et est venu les sauver !

Me voici investit d’une immense expertise ! Me voilà ainsi devenu l’alpha et l’omega du traitement de l’information ! Je sais, lui non ! Ou du moins ce qu’il sait (je n’ai pas vu qu’il pouvait sortir par là) a besoin d’être validé par celui à qui on prête une connaissance supérieure. Immense pouvoir !

Sur cet accident je suis devenu le prescripteur, celui qui dit et qui valide.

Cette fonction, on la retrouve dans le prof de discipline dans la légitimité qu’il a acquis comme détenteur du savoir. Il est celui qui prescrit le savoir, considéré comme une alchimie obscure et initiatique. Et sa légitimité sera d’autant plus grande que sa discipline est prestigieuse (histoire, philo) et que sa réputation est fameuse.

C’est aussi ce qui explique à mon avis que des professeurs ne puissent pas se reconnaître dans le terme de formateur (cf. une application professionnelle que je suis en ce moment pour l’université de Limoges). Un professeur est celui qui détient le savoir, un formateur est celui qui transmet des compétences. Il n’y a pas de magie dans le second.

Cette fonction, on la retrouve aussi quand il s’agit de monter une communauté virtuelle avec la figure du parrain (cf CEFRIO). il est celui qui donne les grandes lignes de la communauté et qui veille de loin à sa mise en oeuvre. Son charisme est suffisant pour que chacun accepte la ligne tracée, ce qui va faciliter grandement le travail des coaches et animateurs de la communauté, ainsi adoubée. C’est cette main posée associée aux talents particuliers des animateurs qui les rends prescripteurs dans leur domaine.

On pourrait aussi parler du pharmacien ou du médécin ou du prêtre à qui on remet si facilement nos vies et nos âmes.

Pour qu’il y ait prescription, il faut qu’il y ait un contrat, une relation établie dans laquelle les deux parties reconnaissent "naturellement" et souvent de manière implicite la prépondérance, par la connaissance, de l’une sur l’autre. L’un sait, l’autre ne sait pas.

Mais il faut aussi qu’il y ait une part mystique chez le prescripteur qui lui est conféré par le temps ou par l’âge (la sagesse des anciens), ou délégué par un parrain charismatique ou par la nature alchimique des connaissances à transmettre.

Dans le cadre de mon accident, le changement dans la routine (la longue file de voiture qui vrille quand une dérape et part dans le talus) a conféré au premier arrivé une légitimité circonstancielle que l’acte magique d’enlever le pare-brise a renforcé.

Et nous, pauvres documentalistes de quoi sommes-nous prescripteurs, confondu avec un lieu, sans légitimité de connaissance, sans soutien institutionnel …?

Je rebondis sur un article déjà ancien (un mois, une éternité) de Christine Paillard (je crois mais il y a une ambiguïté dans le titre qui m’échappe car il finis "par Gérard Jean-Montclerc) sur apprentissage intitulé "comprendre l’intérêt du copier/coller…

Elle revient sur la bibliographie qui doit être la marque du travail effectué. Elle cite 7 points importants à indiquer aux élèves pour indiquer clairement ses sources :

  • Pour donner de la crédibilité à ses propos.
  • Pour illustrer qu’un travail de recherche a été fait.

  • Pour permettre au lecteur de vérifier les références utilisées.

  • Pour accorder à l’auteur le crédit qui lui revient.

  • Pour offrir au lecteur des références sur le thème abordé, au cas où il voudrait en savoir davantage.

  • Pour se protéger soi-même du plagiat.

  • Pour respecter le travail des autres:<http://www.bibliotheques.uqam.ca/recherche/plagiat/eviter.html>

Le document est traditionnellement la preuve de ce que l’on avance et donc la bibliographie marque ces raisons "juridiques".

Je pense que la bibliographie est aussi la marque de la construction identitaire de celui qui a produit un document.

– Lors d’un travail de recherche, type TPE, lire permet aux élèves d’entrer en relation avec des interlocuteurs de tous niveaux, scientifiques ou journalistes, vulgarisateurs ou enseignants, farfelus et vrais experts, simples particuliers ou véritables pro-am… Ces relations sont souvent d’ordre lecture/écriture mais parfois, il y a rencontre réelle, physique ou virtuelle. Une année, des élèves ont travaillé avec un astrophysicien hollandais, par téléphone et en anglais s’il vous plait !

– Indiquer sa bibliographie c’est dire son appartenance à un réseau de chercheurs. Les élèves sont des chercheurs, à leur niveau, mais des chercheurs biens réels. Qu’est-ce que la bibliographie sinon ce qui nous relie à la recherche fondamentale par tous les passeurs dont j’ai parlé plus haut.

– Troisième point, en lien avec les précédent, dire sa bibliographie, c’est dire ce que l’on a appris. Et dire ce que l’on a appris c’est dire son identité. "Apprendre, c’est construire son identité" dit Serge Ravet, président d’Eiffel, relayé par thot-Cursus (vu ici).

– Enfin, dernier point, les experts, journalistes, scientifiques… que l’on convoque dans sa bibliographie disent, par effet de miroir notre propre expertise. L’enfer c’est les autres dit Sartre. Le regard des autres participe de la construction de notre identité. Dire une bibliographie c’est exposer le regard des experts sur soi.

Quand le met dans ma bibliothèque, visible de tous, les livres que j’aime, je dis l’importance de ces livres pour moi. Quand quelqu’un met toute la collection du livre de poche (cf. un vieux Bertrand Blier), ou tous les Zola, visiblement dans sa bibliothèque, il dit sa culture, ou ce qu’il voudrait qu’elle soit. Je pense que la bibliographie dit la même chose : elle dit ce que je suis et elle dit ce que je voudrais être quand j’ai fini un travail de recherche !

Et je crois que ça il faut le dire aux élèves !

(Ce billet est la reprise d’une partie d’un billet déjà parru ici)

 


 

J’ai indiqué ici les similitudes entre la lecture suivi de blogs et la lecture du journal comme étant un apprentissage court sur la journée mais continu sur la durée. La différence avec le journal est dans l’éclatement des sources :

– un journal, c’est une politique éditoriale et des articles, billets, dossiers qui s’inscrivent dans cette politique ;

– un blog, c’est des politiques éditoriales ; autant de blogs que de points de vue.

Cet apprentissage que je vise, à la lecture des blogs, est donc parcellaire, explosé, marqué dans le temps et au croisement des différents lectures. C’est aussi un apprentissage par redondance.

Les blogs que je lis, accessible désormais dans mon univers Netvibes (pour ceux que ça intéresse), sont en réseaux. Je lis un tel parcequ’untel le lit aussi et me la conseillé. La politique éditoriale structurante du journal est remplacé par mon réseau de lecture qui est fondamentalement une agrégation de réseaux, chacun étant son propre réseau.

Peu de nouveautés dans nos aggrégateurs, beaucoup de redondances, parfois quelques pépites, une touche de sérendipité.

Sur cette redondance, Olivier dit justement à propos de ce qu’il appelle, avec un peu d’énervement, la lazysphère

"cette Lazysphère ne serait alors que la part correspondante à nos différentes mémoires de travail ou mémoires de tâche (une sorte d’équivalent de la RAM de nos ordinateurs), c’est à dire ce lot coutumier d’informations que nous mobilisons et dont nous gardons trace de manière relativement systématique, afin d’en incarner certaines seulement dans de futures activités ou tâches davantages "construites"."

Je pense que c’est effectivement cela. C’est un apprentissage par répétition. ce n’est pas très novateur d’un point de vue pédagogique, les moines le pratiquaient déjà au Moyen-Âge. C’est le phénomène de réminiscence. Ils n’avaient (pour la plupart) jamais lu la bible mais entendu lors des différentes cérémonies. Et la redite quotidienne d’extraits bibliques avaient formatés leur mode de pensée. Ils ne s’exprimaient qu’avec des versets. Pour ce que je connais, chaque lettre de Saint Bernard de Clairvaux a au moins trois ou quatre citations bibliques.

Les blogs transmettent donc une vulgate et cette vulgate est communautaire. Ce n’est plus vraiment du Savoir, tellement le niveau de didactisation est bas et dilué mais cela reste une bonne introduction à la culture d’un savoir particulier. Est-ce à dire que c’est le café du commerce ? Je ne sais pas ! Francisque nous renseignerait peut être !

Ce n’est par contre pas étonnant que cela soit le terreau du buzz et de la rumeur.

Je reprend mon précédent billet "je blogue, je veille, j’apprends… " dont je ne suis pas satisfait, car trop long d’une part et pas assez travaillé d’autre part. Je vais donc le scinder en plusieurs billet. Le premier est la reprise améliorée d’uin billet déjà parru commentant un billet de François Guité.

Dans ce billet, il voit dans l’écriture blogosphérique avec les élèves 3 avantages. Je pense que son argumentation peut être étendu à tous types de projet blog.

– c’est une publication soumise au jugement des pairs ce qui suppose d’y mettre plus de soin que dans l’exercice habituel des devoirs à la maison, exercice d’apprentissage et de reformulation solitaire dans lequel, l’apprenant, ne s’adresse qu’à lui-même. il n’est donc pas soumis à l’exigence de bonne communication et laissera beaucoup de choses dans l’implicite et le brouillon. Un blog rend explicite les apprentissages.

– deuxième point, en s’adressant à autrui, l’élève s’adresse aussi à lui même. Il fait ainsi un retour sur son apprentissage et ce retour fait lui-même partie de l’apprentissage : la metacognition. Il ne s’agit donc pas d’un simple exercice de communication vers autrui mais d’un approfondissement de l’apprentissage.

– enfin, dernier point, qui pour l’auteur probablement est le principal, le savoir a une "dimension sociale" on apprend dans un environnement donné, et ce qu’on apprend est un savoir construit en réseau. L’apprentissage est toujours propre a un individu mais on apprend jamais seul.

Je retrouve ces trois points quand je dis aux élèves de toujours noter leur bibliographie dans leurs productions. Je crois que la bibliographie est l’une des étapes les plus importantre car c’est :

– faire la preuve de ce que j’avance. En même temps je le communique, je le donne à voir à mes lecteurs, et cela m’apporte une reconnaissance. Ma bibliographie construit mon expertise.

– mais aussi pour proposer aux autres comme à moi-même un itinéraire de ma recherche et une réflexion sur ma démarche. La bibliographie est la marque de mon apprentissage.

– et enfin pour s’inscrire dans un réseaux de chercheur. Le terme signifiant à la fois "savant, scientifique" mais également "chercheur
d’information". Ce que j’ai construit, je l’ai construit en m’appuyant sur du savoir existant. La bibliographie est la marque de cet apprentissage social.

Si les blogs scolaires (comme les autres d’ailleurs) et la bibliographie ont ces trois points en communs, c’est parcequ’à mon avis, ils ont à faire avec ce qui se passe dans l’apprentissage : des contenus certainement, qui deviennent de la connaissance quand ils se relient à mon existant. Pour cela, ils faut des discours : vers les pairs, vers soi-même, vers la communauté.

Je suis dans la blogosphère. Cela signifie que j’écris et que je lis des blogs. Belle lapalissade !

Ecrire un blog

J’ai déjà eu l’occasion d’indiquer en reprenant et en commentant un billet de François Guité. l’intérêt de tenir un blog dans le cadre scolaire. Je reprends ici l’argumentation que l’on peut étendre à tous type de projet blog :

– c’est une publication soumise au jugement des pairs ce qui suppose d’y mettre plus de soin que dans l’exercice habituel des devoirs à la maison, exercice d’apprentissage et de reformulation solitaire dans lequel, l’apprenant, ne s’adresse qu’à lui-même. il n’est donc pas soumis à l’exigence de bonne communication et laissera beaucoup de choses dans l’implicite et le brouillon.

– deuxième point, en s’adressant à autrui, l’élève s’adresse aussi à lui même. Il fait ainsi un retour sur son apprentissage et ce retour fait lui-même partie de l’apprentissage : la metacognition. Il ne s’agit donc pas d’un simple exercice de communication vers autrui mais d’un approfondissement de l’apprentissage.

– enfin, dernier point, qui pour l’auteur probablement est le principal, le savoir a une "dimension sociale" on apprend dans un environnement donné, et ce qu’on apprend est un savoir construit en réseau.

Je voudrais revenir ici sur l’aspect lecture d’un blog/veille et le rapport qu’il y a à l’apprentissage.

Je t’ai lu, je ne t’aime plus

A rennes, j’avais suivi d’un oeil distrait une conférence sur la veille et j’avais vu l’un des intervenant biffer d’un click distrait l’un de ses flux qui avait l’heur de ne plus lui plaire.

Cet acte m’avait interpellé, les flux aussi étaient donc jetables. Depuis, je me suis rendu compte également que certains blogs que je suivais régulièrement avec enthousiasme naguère, perdait aujourd’hui, pour moi, de leur intérêt. Et je me demande pourquoi ?

Je me souviens d’un podcast de Thierry Soussin lu dernièrement sur la microformation et que j’ai commenté sur ma base de connaissances. des formations courtes, étalées dans le temps, régulières, périodique. Et finalement, cela me rappelle la lecture du journal. Lire quotidiennement mon canard local me permet d’apprendre sur mon environnement immédiat. Et cette connaissance s’acquiert avec le temps, ou du moins avec la périodicité de lecture. Je ne lis pas tout dans mon canard. Je le parcours, je m’arrête parfois sur un titre qui m’a attiré. J’apprend au fil de l’eau.

Ce mode de formation s’oppose à la lecture d’un livre. J’ai besoin d’un temps long sur la journée (au moins une heure), intense, resséré sur la semaine, et qui s’arrête à la lecture du livre. Le livre, j’ai été le chercher à la librairie avec une intension de lecture (en règle générale mais la sérendipité peut aussi s’appliquer ici). Finalement, lecture du journal et lecture du livre se réincarne assez facilement dans le mode pull / push. A un investissement en temps lourd et ponctuel s’oppose un temps diffus et infusif.

Mais ce faisant, qu’est-ce que j’apprends à la lecture des blogs qui me plaisent et pourquoi certains ne me plaisent plus.

Simplement, je crois, et l’analogie avec le journal peut se filer sans problème, c’est qu’un journal, comme un blog ne véhicule pas simplement de la connaissance pure, mais aussi un point de vue sur le monde. Lire un blog régulièrement, c’est aussi accepter que son auteur essaie de me convaincre et débatte avec moi si j’ai déjà une conscience aigüe de ses intensions, en un mot qu’il me change. Ce qui est important, bien plus que la connaissance diffusée, c’est son regard.

J’ai suivi avec intérêt des blogs pour la connaissance qu’il m’apportait mais aussi pour le point de vue. Et certains points de vue ont commencé à m’ennuyer quand ils sont entrés en conflits avec ma propre identité, c’est à dire ma culture la plus profonde, le coeur de mon disque dur.

Flux et relux

Je ne lis pas qu’un seul blog heureusement. J’ai biffé certains flux, ou plutôt, je les ai destitué, mais j’en promeut aussi d’autres. Dans mon onglet "lecture quotidienne", de netvibes, certains flux ont donc rejoint la catégorie reine de mon agrégateur alors que les bannis rejoignaient les onglets inférieurs, thématiques. Pourquoi promouvoir ceux là ?

Souvent, j’ai ces flux depuis très longtemps. J’y passe de temps à autre, je lis parfois un article mais je ne m’y attarde jamais (plus de 800 flux quand même). Mais je sais qu’ils sont là et un jour, à la lumière de deux ou trois billets lu d’afillée, je crois le moment venu de me familiariser plus en détail avec la pensée de cette personne.

Je crois fondamentalement qu’une fois qu’un blogeur a fini de m’apporter ce que je recherchais, je le remplace par un autre dont je sais qu’il va pouvoir m’apporter quelque chose de différent qui me manque.

J’ai donc à ma disposition un réservoire de blog (réservoire blog) dont certain sont en lecture quotidienne, et d’autres en attente. Chaque blog lu m’apporte un peu chaque jour.

Lazy, lazy, lazy… (merci à Noir Désirs)

Ce qui va changer, par rapport à la lecture d’un journal est que mon apprentissage va être à la croisée des différents blogs que je lis avec pas mal de redondance et parfois quelques pépites.

Sur cette redondance, Olivier dit justement à propos de ce qu’il appelle, avec un peu d’énervement, la lazysphère "cette Lazysphère ne serait alors que la part correspondante à nos différentes mémoires de travail ou mémoires de tâche (une sorte d’équivalent de la RAM de nos ordinateurs), c’est à dire ce lot coutumier d’informations que nous mobilisons et dont nous gardons trace de manière relativement systématique, afin d’en incarner certaines seulement dans de futures activités ou tâches davantages "construites"."

Et cela me rappelle le phénomène de réminiscence des moines du moyen âge. Ils n’avaient (pour la plupart) jamais lu la bible mais entendu lors des différentes cérémonies. Et la redite quotidienne d’extraits bibliques avaient formatés leur mode de pensée. Ils ne s’exprimaient qu’avec des versets. Pour ce que je connais, chaque lettre de Saint Bernard de Clairvaux a au moins trois ou quatre citations bibliques.

Les blogs transmettent donc une vulgate. Ce n’est plus vraiment du Savoir, tellement le niveau de didactisation est bas et dilué mais cela reste une bonne introduction à la culture d’un savoir particulier. Est-ce à dire que c’est le café du commerce ? Je ne sais pas ! Francisque nous renseignerait peut être !

Pour conclure

Si je reviens sur une année et demi de participation blogosphérique, j’ai l’impression d’avoir énormément appris et d’avoir pénétré un univers qui me paraissait abscons. J’ai suivi une formation lourde (dess) qui m’a mis le pied à l’étrier, la veille a consolidé et fortement enrichi le savoir de départ, le blogging m’a permis de le fixer.

On en reste finalement toujours au couple classique lecture / écriture. Rien n’a changé, cela reste dans la maîtrise de ce couple que s’acquiert la culture.

Effectivement,, les flux sont jetables, mais je n’ai pas le courrage de vraiment les détruire. Ils ne m’apportent plus vraiment grand chose mais je les garde comme d’une vieille maitresse…

je n’ai pas eu le courrage de les biffer !

Blogged with Flock

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En fin d’année, en discutant avec le responsable des secondes, on a décidé de mettre en place une information (et non une formation, je tiens à la différence) sur le web comme espace régit par le droit. Deux points me paraissent importants : l’anonymat réel n’exite pas (ou très peu) sur Internet, on est visible ; internet n’est pas une zone de non-droit. C’est un temps d’échange qui dure entre 20 et 25 minutes, qui doit donc être très punchy, sans beaucoup d’apport mais avec une ou deux idées force.

Je commence par ce qu’on peut faire sur Internet en traçant au tableau un schéma explicatif. Sur le schéma qui suit j’ai étoffé les marges par rapport à ce que je fais à l’oral. je ne fais à l’oral que la première courrone. Dès que j’ai fini d’écrire au tableau, je demande aux élèves s’ils voient autre chose. Comme j’oublie toujours un item (à dessein ou par vieillesse ;-), cela permet de lancer la discussion. De toute façon, sur un truc comme ça, ils sont très réceptifs.

 

Ensuite je demande aux élèves d’indiquer ceux qui publient ou ont publié sur le web pour nous dire ce qu’il publie (images, sons, textes, vidéo) et à destination de qui il le publie. Je conclue en disant que l’on publie potentiellement pour le monde entier.

Je conclue cet échange par deux points :
– on est toujours visible sur internet
– publier sur le web engage sa responsabilité éditoriale

Je pose ensuite quelques questions basiques :
– ai-je le droit de dire "un tel est un con ?" – non : injure
– ai je le droit de dire "un tel est moche" – selon le contexte, cela équivaut à un non respect des personnes et c’est pénalement sanctionnable
– ai-je le droit de dire "vive Ben Laden" – non, cela équivaut à l’apologie du terrorisme
– ai-je le droit de dire que "un tel à voler un oeuf au marchand" – non si je ne suis pas capable de le prouver. Sinon c’est de la diffamation.

Si la liberté de pensée est absolue, la liberté d’expression est encadré par le droit. Ce que je publie sur Internet m’engage vis à vis de la loi. C’est d’autant plus vrai pour un blog où on est également responsables des commentaires laissés. Et l’âge ne nous rend pas irresponsable (moins de 18 ans).

On continue ensuite sur les images :
– ai-je le droit de copier une image sur le web ? Non, la facilité d’accès ne signifie pas que l’on a le droit
– ai-je le droit d’utiliser une image gratuite ? Non, la gratuité ne signifie pas libre de droit
– ai-je le droit de publier une image représentant la pyramide du Louvre si c’est moi qui l’ai prise ? Non, il faut aussi l’autorisation de l’architecte car c’est une oeuvre qui n’est pas dans le domaine public (c’est à dire moins de 70 ans)
– ai-je le droit de publier une photo d’un spectacle – non car des droits sont attachés aux acteurs, au régisseur etc.

Ensuite, j’en viens à parler de la représentation des personnes.
– Ai-je le droit de publier une photo représentant des copains – non, il me faut leur autorisation et aussi l’autorisation de leurs parents si ils ne sont pas majeurs
je leur demande également si leurs parents sont au courant qu’ils mettent leur image sur Internet. Je leur conseille alors d’en discuter avec eux.

Je termine par ma bonne histoire sur une photo séduisante.

C’est l’occasion de les mettre en garde contre l’illusion d’anonymat. On peut retrouver quelqu’un en recoupant les informations qu’il livre sur le web. Pseudonymes et avatars ne sont pas suffisants. De plus, on peut remonter à une personne par le biais de l’adresse IP.

En conclusion, la publication sur le web est encadrée par le droit de l’information, le droit des personnes, le droit commercial ET la charte de l’établissement qu’ils ont signée.

Une règle essentielle, on ne publie que quand on a une autorisation écrite !

Et aller sur Internet est quelquechose de fantastique (et je le pense) mais qu’il convient d’être conscient de ses actes.

Sur l’activité, si j’ai le temps, mais je ne l’ai jamais, j’aborde la mise à disposition de musiques, avec les risques inhérents à ce type de fichiers, notamment que c’est considéré comme de la contrefaçon (donc condamnation au pénal) et les liens profonds vers des fichiers musicaux qui peuvent aussi être sanctionnables.

Pour finir, je distribue trois documents
que fait-on sur Internet ? (Image 1 dans le texte)
Internet est encadré par le Droit (image 2)
– la plaquette blog-note, qui est une memofiche du CRDP Versailles (à qui je n’ai jamais demandé d’autorisation d’ailleurs, mais je ne crois pas que se soit nécessaire)

Pour aller plus loin : le forum des droits sur internet

Blogged with Flock

J’ai dit dans un précédent billet ce qui me semblait en oeuvre dans l’enseignement que nous menons avec nos élèves de seconde. La première chose concerne les différentes démarches à acuérir par les élèves


Démarche de recherche d’informations – démarche d’apprentissage

 

Cette démarche est le coeur du travail que nous effectuons en formation des élèves. Classiquement, on définit cinq étapes : questionnement, recherche, lecture et prise de notes, mise en plan et formalisation, auto-évaluation et métacognition.

Nous sommes dans la même démarche d’enseignement / apprentissage qu’un enseignant de discipline mais nous intervenons sur trois points particuliers :

  • En amont, la recherche des sources, et particulièrement la phase de questionnement qui correspondent au processus de didactisation de l’enseignant de discipline.

  • En aval, la prise de conscience par l’élèves de ses propres processus d’apprentissage, et particulièrement de ses erreurs.

  • Globalement, l’objectif final assigné à ce travail n’est pas de trouver de l’information mais bien d’acquérir des connaissances.

Tous les lycéens d’enseignement général passent sur cette démarche pendant leur cursus même si tous les apports ne sont pas équivalents.

Démarche de projet

Cette démarche a été instaurée principalement par la pédagogie de projet et l’introduction des dispositifs transversaux. Nous prenons notre part dans cette démarche, notamment dans la gestion du temps et la gestion des étapes de travail, particulièrement en TPE.

Démarche pro-active de veille

Savoir mener une veille informationnelle devient d’une importance cruciale aujourd’hui. La différence avec la démarche de recherche d’information (DRI) consiste à rester vigilant sur un sujet dans le temps alors que la DRI est ponctuelle et finie. Ce qui suppose de bien définir ce sujet, de bien choisir les outils et d’avoir un suivi régulier.

Aujourd’hui, rien n’est fait, mais c’est dans les années à venir un sujet de travail qu’il faudra mener.

Actuellement, quelques élèves du technique qui viennent au CDI ont un embryon de réflexion sur le sujet.

Démarche critique

Démarche qui consiste à ne pas prendre pour argent comptant l’information diffusée mais à toujours se poser la question des intention du diffuseur, de l’auteur etc. C’est particulièrement vrai sur le web.

Démarche collaborative

Le travail de groupe développe des compétences de travail collaboratif. Nous ne faisons rien sur cet aspect le considérant comme au mieux déjà su par les élèves et au pire inné. La seule règle que nous imposons est de ne pas dépasser le chiffre 3 pour un groupe car à 4, il y en a toujours un qui ne fait rien (légende professorale).

Pourtant le travail à plusieurs ne s’improvise pas et ce que nous appelons collaboration et souvent la segmentation chronologique d’un travail. ce qui fait que souvent les élèves ne connaissent que leur partie alors que nous avons comme objectif un apprentissage identique pour tous.

Ce travail n’est vraiment abordé que dans le cadre des TPE.


J’étais à Angers ce samedi 12 mai pour suivre une conférence à l’invitation de la FADBEN – Pays de la Loire sur la didactisation des savoirs info-documentaires à transmettre aux élèves en collèges et lycées.

Les intervenants étaient de qualité, malheureusement je n’ai pu assister qu’au matin et je n’ai pas pu travailler dans les ateliers de l’après-midi.

La problématique de la journée était double selon moi :

– installer définitivement le professeur documentaliste dans son rôle enseignant en proposant une didactique de l’information documentation qui s’appuie sur un savoir de référence, une matrice disciplinaire, des concepts intégrateurs, des notions etc.

– de dépasser l’approche par les compétences (type référentiels de compétences) dans les apprentissages documentaires en installant des apprentissages notionnels progressifs tout au long de la scolarité.

Pour répondre à cette problématique, deux entrées importantes ont été proposées tournant autour de la "notion" en infodoc

La première entrée porte sur la terminologie et consiste en un travail de définition sur les notions info-documentaires regroupés en grands concepts intégrateurs (lIvana Ballarini-Santonocito – Agnès Montaigne). C’est l’objet, à la fois du dictionnaire des concepts info-documentaires de Pascal Duplessis et Ivana Ballarini-Santonocito comme du mediadoc de mars sur "les savoirs scolaires en info-documentation" qu’Ivana a présenté. L’intérêt de ce document est d’avoir deux volets : un volet à destination de l’enseignant documentaliste, en guise d’outil de formation, et un volet que l’enseignant doc peut utiliser en guise d’outil didactique.

 

Pour devenir pleinement enseignant il faut que nous nous approprions ce vocabulaire qui sera alors le ferment d’une culture commune, la base de la nécessaire formation scientifique comme la base didactique minimale. Il nous faut passer, et il faut que nous fassions passer les élèves, comme les collègues, d’une vision réduite de l’accès à l’information à une culture de l’accès et surtout à une culture de l’information (Agnès Montaigne).

 

Ce n’est pas nos séquences, fondamentalement qu’il faut que nous changions ; l’adaptation de la plupart est réalisable aisément. Ce qu’il faut changer c’est la vision que nous avons de ses apprentissages, de notre métier. Ce qu’il faut changer c’est la vision des élèves et des enseignants. Il faut passer d’une entrée par la technique à une entrée par les notions (Jean-Pierre Gueguen).

La seconde entrée est plus précisément centrée sur la mise en réseau des notions entre elle et sur le travail sur les relations entre notions. Ce qui conduit à un besoin de représentations des savoirs info-documentaires.

C’est notamment le mediadoc présenté par Ivana avec présentation normalisée des notions, scénario implicite d’apprentissage (de l’exemple vers la construction de la définition) issu des travaux de Britt-Mari Barth, et mise en relation simplifiée, mais réelle des notions entre elles (mention en gras des termes connexes). Je pense d’ailleur que ce mediadoc gagnerait à être hypertextualisé.

 

Cette mise en réseau, Agnès Montaigne l’a bien indiqué quand il s’est agit de définir les trois concepts intégrateurs de notre discipline et quand il s’est agit de pointer les liens vers lesquels renvoyaient les définitions proposées par ses élèves de PLC2 doc.

C’est enfin les cartes conceptuelles pour représenter les notions comme un tissu de liens qui fut l’objet de la dernière intervention de Pascal Duplessis.

Ces deux interventions ont d’ailleurs eu la même construction : partir du besoin partagé de vocabulaire ressenti par ces intervenants dans leur travail de terrain et montrer comment la construction empirique fait place peu à peu au besoin de modélisation scientifique.

 

Je n’ai pu participer au débat, mais j’aurais bien débattu sur les questions suivantes :

 

– quid du statut du documentaliste aujourd’hui ? Car cette approche, et cela a été souligné par un participant, ne va pas dans le sens du rapport Durpaire. Et quid des dispositifs ? Et quid des programmes ? Car une discipline scolaire a une didactique, mais aussi une administration et des programmes d’enseignement. Devons nous continuer à squatter les dispositifs et les disciplines existantes au risque de rentrer en concurence avec les multiples autres tâches dévolues à ces derniers.

– Les deux approches (terminologique et trame conceptuelle) sont complémentaires, et cela a été souligné mais il manque à mon avis une dimension, celle de la fiction dans une approche storytelling. Si nous devons formé les élèves à l’info-doc, il y a une part de rêve que nous allons devoir créer, sans tradition derrière.

– Pascal Duplesis a, à un moment, dit que la carte était une technique. Je ne le crois pas. Je crois que la cartographie participe de la connaissance et que proposer un savoir linéaire ou réticulaire, proposer un savoir sous forme abstraite ou sous forme graphique ne crée pas la même connaissance de la même manière que verbaliser sa connaissance (metacognition), crée de la connaissance. C’est toujours l’histoire de "la carte n’est pas le territoire". Mais probablement dans cette affirmation pensait-il plutôt à l’aspect prise en main technique (technique proprement dite de la carte mentale, prise en main du logiciel).

 

– La carte mentale qu’il nous a présentée, induit une représentation polaire des notions (prendre la carte du monde et la visualiser avec un pôle au centre). Au niveau des représentations, nous sommes dépendant du passé, le notre, celui des représentations sociales et celui de l’histoire. Je pense que la représentation conceptuelle sous forme de cartographie va évoluer vers une représentation planétaire des notions, dans laquelle les relations entre notions vont traverser la planète, dans laquelle on pourra intégrer une face cachée et une face lumineuse. Je ne sais pas si les outils existent déjà, mais je trouve cette vision très féconde.

– Enfin, toujours au niveau des représentations, l’approche cartographique reste dépendante de la vision documentaire que nous avons.

 

Pascal a bien rappelé l’évolution de la représentation de la trame conceptuelle. A partir des notions infodoc, il y a eu en premier lieu la représentation sous forme de terminogramme, puis par arborescence (première ébauche de réseau), puis la représentation en conceptogramme pour finir par la représentation réticulé de la carte conceptuelle.

 

En même temps, ces représentations sont passées d’un faible degré de struturation des notions entre elles (relations hiérarchiques) à un haut degré (en réseau).

 

Avec l’évolution des représentations, l’intérêt s’est déplacé des notions vers les relations entre ces notions. Le mouvement est palpable chez Pascal Duplessis comme chez Agnès Montaigne.

 

En même temps cette évolution suit l’évolution des langages documentaires (pas étonnant que beaucoup d’intervenants aient insisté sur le besoin de maîtriser le langage) : la liste de mots clés, le modèle classificatoire, le thesaurus. La prochaine étape est donc logiquement selon moi l’utilisation de l’ontologie comme modèle de représentation des savoirs, avec ces relations hyperstructurées. Je me demande même s’il n’y a pas une piste du côté d’IEML de Pierre Levy.

Pour finir qu’ai-je appris ? Pas grand chose et tout. Pas grand chose car je suis dans ce mouvement-là depuis quelques années. Tout, car il me manquait cette vision globale que cette conférence m’a permis d’entrevoir. Et surtout, j’ai pu appréhender un peu ce qui me manque pour atteindre les objectifs d’enseignements, à savoir beaucoup.

J’en ai profité pour prendre une adhésion à la FADBEN, rencontré des personnes que je ne connaissait que virtuellement, et j’ai retrouvé une vieille copine du capes, Anne (bizz si tu lis). Matinée extrêmement intéressante !

 

A la fin de la première séquence en ECJS, en seconde, et juste avant la seconde séquence, on fait une évaluation des apprentissages info-documentaire. Il s’agit d’évaluer des compétences techniques (utilisation du logiciel) mais aussi et surtout des apprentissages méthodologiques et plus largement d’entamer une réflexion sur la démarche d’apprentissage que constitue ces séquences.

L’année dernière, j’avais créé un document d’évaluation trop complet et trop complexe (pour les élèves) mais qui constitue néanmoins une bonne approche de ce qui se passe quand on entreprend une démarche de ce type.

L’évaluation commence par un texte à trous relativement simple qui permet, lors de la correction à l’oral de faire passer un certain nombre d’information qui rejoignent et s’intègrent aux apprentissages en lycée.

Ce premier exercice permet de revenir sur ce qu’est une démarche info-documentaire dont la parenté avec l’apprentissage est, pour moi évidente, et quasi synonymique. C’est notre rôle le plus important, à mon avis, que de mettre à jour ces aspects sous-jacents aux enseignement disciplinaires dans une optique de développement d’un slogan passé de mode aujourd’hui « apprendre à apprendre ».

 

***

Exercice 1. Les étapes de la recherche documentaire. Compléter les phrases suivantes à l’aide de la banque de mots ci-dessous

Banque de mots

Mots-clés – Plan – Connaissances – Sources documentaires – Auto-évaluation – Documents – moteur de recherche – Notes – Fiche de synthèse – Questionnement – Production – Informations – Références documentaires

 

A partir d’un sujet de recherche, d’un centre d’intérêt,

Etape 1. Je lis le sujet, Je mobilise mes ………………………, je fais un ……………………… du sujet, je réfléchis à la ……………………… finale et je définis des ………………………

Etape 2. Je vais ensuite chercher avec ……………………… des ……………………… pertinentes pour mon travail.

Etape 3. Je lie, je trie les ……………………… trouvés, ensuite je prélève des ……………………… je prends des ………………………

Etape 4. Je les organise, je fais un ………………………

Etape 5. Je réponds à la question posée, et je réalise une ……………………… pour participer au débat final. Je n’oublie pas d’indiquer clairement les ……………………… utilisées

Etape 6. Je fais une ……………………… de mon travail.

***

 

Je demande aux élèves de remplir ce questionnaire, la correction me permet de dire les enjeux :

« …, je mobilise mes CONNAISSANCES… » : tout travail d’apprentissage part toujours de soi-même, nous sommes la première source d’information à consulter.

« …, je fais un QUESTIONNEMENT du sujet… » beaucoup d’élèves parlent ici de plan. Je leur répond classiquement qu’un plan n’arrive qu’à la fin de l’extraction des informations et que le plan est la marque de l’apprentissage, c’est à dire la transformation en connaissances, MAIS je leur dits aussi qu’il y a une parenté entre questionnement et plan, c’est juste une question de temporalité de la recherche. Le questionnement, c’est se poser des questions sur le sujet, définir les mots importants, chercher s’il y a un traitement encyclopédique, mettre à jour ces connaissances mais c’est aussi commencer à organiser ces premières données, c’est déblayer le terrain, fixer le périmètre de la recherche, c’est déjà une planification !

« …, je réfléchis à la PRODUCTION finale » il est important d’avoir en tête les finalités de l’apprentissage, à la manière d’une boussole : « le sujet, tout le sujet et rien que le sujet » ; d’autre part, on ne répond pas de la même manière à un sujet si on fait un panneau ou un dossier.

« …, et je définis des MOTS CLES. » Classique !

« Je vais ensuite… MOTEUR DE RECHERCHE… »

« … des REFERENCES DOCUMENTAIRES pertinentes… » Une référence documentaire, c’est l’intermédiaire entre sa recherche d’information, matérialisée par l’emploi de mots clés et l’information. Elle permet de juger la pertinence de l’information et donne les clés pour y accéder.

« Je lie, je trie les DOCUMENTS trouvés… » A ce moment, j’en profite pour demander la définition d’un document : c’est un support d’information.

« …, ensuite je prélève des INFORMATIONS… », c’est à dire des données qui ont un intérêt pour moi, dans le contexte de ma recherche.

 

(image extraite et arrangée du cours sur le KM du DESS cvir)

« …, je prends des NOTES. » et non « je fais un copier coller ». la prise de notes participe à la compréhension de l’information, le copier coller s’attache à la forme de l’information sans en percevoir le sens (dans l’utilisation classique faite par les élèves).

« … je fais un PLAN. »

« … je réalise une FICHE DE SYNTHESE…. »

« … d’indiquer clairement les SOURCES DOCUMENTAIRES utilisées… » Les sources, c’est ce qui est à la source de la production, ce dont on s’est servi, c’est aussi la preuve que l’on apporte pour justifier des éléments de sa production.

« Je fais une AUTO-EVALUATION de mon travail . » Cette étape correspond en fait au questionnement initial, c’est elle qui permet de faire un retour sur ce qui s’est passé pour se dire à soi-même ce que l’on a réussi, ou ce sur quoi il faudra porter son attention lors du prochain travail (remédier / renforcer). Le discours sur son activité, sur sa démarche (metacognition) participe de l’apprentissage car cela correspond à la formalisation de cette démarche.

Enfin, je conclue sur l’exercice en mettant en gardce contre cet exercice qui est assez arbitraire, car une démarche d’apprentissage n’est jamais un processus linéaire, mais peut se représenter comme une ellipse. On revient toujours sur ce que l’on sait pour élargir ses connaissances.

 




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