coopératif, collaboratif… participatif ?

Je n’ai pas trop le temps de bloguer ces temps-ci, donc je vais recycler un peu. Billet initialement paru sur knowledgemouv.

 

A beauty in Itself


http://www.flickr.com/photos/21259773@N03/2801301050/

 

A la suite de cet article, je me pose la question de la différence entre collaboratif et participatif.

On connait la distinction entre coopératif et collaboratif. l’un est successif : c’est la main gauche qui ignore ce que fait la main  droite ! Mais les deux concourent à un résultat dont elles sont dépossédés. Je ne critique pas pour autant ce mode-là. Il est utile dans certains contextes et à l’école, il est aussi un mode d’apprentissage. C’est le mode projet par excellence.

Le collaboratif, c’est tout le monde fait tout et s’enrichit mutuellement. C’est l’apprentissage socio-cognitif par excellence, car il y a conflit, négociation avec les pairs etc. Le mot central est bien pair et la phrase slogan "on n’apprend tout seul mais jamais sans les autres" (citation de mémoire – l’auteur est Philippe Carré il me semble). Nous ne sommes plus dans du successif mais dans l’ellipse. Toujours revenir au départ et enrichir encore ce qui a déjà été vu. C’est la communauté de pratiques.

Si coopératif et collaboratif viennent du monde de l’entreprise et de l’éducation (mais qui de la poule ou l’oeuf… ?) le participatif vient d’un autre monde, celui de la politique et des collectivités locales. Dans certaines commune, et cela tend à être imité désormais partout, c’est la volonté de mieux associé les citoyens aux décisions et de les rendre acteurs d’une part de la vie de la Cité. C’est les conseils de quartier que la loi consacre désormais, mais aussi les conseils des anciens et pas mal d’autres initiatives. Pour plus d’information, je vous conseille l’ADELS, sa revue territoire et le livre sur la démocratie participative.

La démocratie participative s’est aussi développé sur le terreau du web. Forum non modérés, expression des associations etc. ont été des actions voulues et encouragées par des communes, et des maires éclairés. C’est surtout dans l’Ouest (la roche /yon, Niort), et surtout des communes de gauche (mais pas seulement) que ces expériences se sont développées.

Bien sur le vocable se trouve à son apogée lors de la campagne présidentielle de Ségolène Royale puisqu’il en est le cœur, mais c’est quand même un mouvement qui a une bonne quinzaine d’année. La démocratie participative serait donc le pendant actif de la démocratie représentative qu’elle n’entend pas remplacer mais enrichir.

Je pense que le collaboratif est quelque chose de facilement admis dans les organisations car, finalement, il ne remet rien en cause et surtout pas les processus de décision et finalement le mode de gouvernance des organisations. Le contexte dans lequel il s’élabore n’est pas fixé par les individus mais par la hiérarchie. En ce sens les communautés de pratique en sont un exemple avec souvent comme parrain, un haut cadre. C’est dans le cadre que se développe la collaboration.

A mon avis le participatif est beaucoup plus subversif car s’il demande échange, interaction comme le collaboratif, il demande aussi que les personnes qui participe définissent au préalable LEUR cadre. Et à ce jeux les hiérarchies sont sur le même pieds que les simples soldats, même si au final les décisions seront prises par elles.

Et je crois que cela change tout !

Le participatif englobe le collaboratif et remet l’individu au centre de tout, notamment en posant comme préalable son intelligence et sa liberté absolue. Ce n’est pas de l’anarchie car il y a toujours un processus de décision et des décisions qui sont prises et elles le sont par un leader. Mais ces décisions ont un sens.

Le coopératif, c’est la suite mathématique, le collaboratif c’est l’enrichissement par les pairs, le particpatif, c’est la négociation collective du cadre, du contexte. A mon avis !

Publicités

  1. Pour ma part, je ne pense pas qu’il y ait de "processus pur"…on est
    toujours "entre" de façon simultanée ou alternative…mais ta démarche
    pose des jalons de réflexion très intéressants ! 🙂 A réfléchir et à suivre !Je retiens particulièrement : "
    Le coopératif, c’est la suite mathématique, le collaboratif c’est
    l’enrichissement par les pairs, le participatif, c’est la négociation
    collective du cadre, du contexte. A mon avis !"

  2. rp1

    effectivement Florence, rien n’est jamais tout blanc ou tout noir et coopératif et collaboratif s’interpénètre souvent. Cette réflexion repose surtout sur le fait que j’ai l’impression que collaboratif et participatif renvoie à des processus identiques mais qu’ils viennent de deux monde différents qui se regarde un peu en chien de faïence.

  3. Il me semble que cela rejoint ou croise ce que l’on appelle depuis René Kaës en psychanalyse des groupes le partagé et le commun.Ce qui est commun est un trait statistique : je suis bloggeur comme quelques dizaines de bloggeurs mais cela ne signifie pas que je partage des choses avec tous. Le commun se rapproche ici assez du banal.Ce qui est partagé est ce qui active le lien : je partage avec quelques uns des goûts, des lectures, des commentairesDans le domaine de l’entreprise, je suis assez réservé sur l’utilisation de ces termes : il ne faut pas perdre de vue que ce qui n’est jamais partagé, c’est le pouvoir. "Participation" et "collaboration" peuvent alors être des cache misère

  4. jadlat

    Désolé pour la réponse tardive, mais les journée sont de plus en plus courte. Probablement l’arrivée de l’hiver 😉

    Je suis entièrement d’accord avec toi pour dire que le pouvoir ne se partage pas en entreprise, sauf que cela demande à définir ce qu’est le pouvoir. Ce n’est pas la fonction qui devrait créer le pouvoir mais le charisme de la personne.Je ne crois pas que ce soit des caches misère à partir du moment où les personnes incarnent le pouvoir et sont légitimes pour l’incarner.Aujourd’hui, pouvoir rime avec dérèglement de la liberté. Plus j’ai de pouvoir et plus je suis libre de l’exercer sans contrainte. Pas la peine de parler de collaboratif et encore moins de participatif.Par contre il est aussi clair que pour avoir du vrai participatif, il faut que les participants aient une culture politique (au sens de vision sur la société bien sûr).On peut avoir des processus de décision librement consenti par tous.Utopie ? Peut être ! Mais est-ce que les organisations ne se porteraient-elles pas mieux avec des membres politiquement engagés, des instance de discussion, de régulation et de décision.mwais !

  5. Quand on regarde l’étymologie des deux mots on peut plus facilement définir la différence subtile entre les deux.

    La coopération (cum-operare) fait référence à l’opération commune d’un
    projet ou d’une entreprise. L’acte de coopérer n’implique pas
    nécessairement un rôle actif dans la réalisation d’un objectif commun. Par exemple, les membres d’une coopérative ne sont pas tous impliqués dans sa gestion.

    La collaboration (cum-labore) fait plutôt référence un travail commun,
    une oeuvre réalisée par plusieurs. Ceci implique donc une implication
    active dans la réalisation de l’objectif.

    Par exemple, un nébergeur internet coopère avec ses clients car il contribue à la réalisation de leurs
    objectifs en mettant à leur disposition une infrastructure informatique
    mais il n’y collabore pas car il ne participe pas aux travaux de mise en place du site web. De la même façon, un éditeur coopère avec un groupe
    d’auteur pour la publication d’un ouvrage, mais n’est pas un
    collaborateur car il n’a pas contribué à la rédaction de son contenu.

    On verra souvent des expressions comme "oeuvre collaborative", "texte
    collaboratif", "étude réalisé en collaboration avec" mais rarement des
    expressions du genre "oeuvre coopérative" ou "texte coopératif". On
    coopère avec les acteurs mais on collabore aux travaux.

    Le concept de coopération est donc moins restrictif que celui de
    collaboration en ce sens qu’il n’exige pas une implication directe dans
    l’acte créatif. C’est du moins de cette façon dont je vois ces deux
    concepts.




Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


  • twitter jadlat

    • Say aquientants not friends then you would be ok 3 years ago
    • When every thing is over all you have is your friends and family 3 years ago
    • Friends Jesus say hypocrites all of you. Please don't be like that we love you all it's nice to see you all doing your thing 3 years ago
    • By me want to see me succeeded even if it's a measely 10 percent and I should stand by you wanting you to ale it so don't use the word frie 3 years ago
    • Are you saying we women of color just hate each other or is this just a show to make money. If you call mea friend I expect you to stand b 3 years ago
    • Hating each other I call you friend but we are all hypocrites what's the message you sending to the young girls coming 3 years ago
    • That is why we have nothing you ever sit and watch you all the message you send is that sisters can't be friends but enemies 3 years ago
    • I don't know if they make you Georgia peach act like that cut throat but we all sisters stand by each other 3 years ago
    • What do I need for me to get what I buy the police 3 years ago
    • Now call express white glove urgent delivery they say they can't find it 3 years ago
  • RSS Bookmarks (Jadlat sur diigo)

    • Erreur, le flux RSS est probablement en panne. Essayez plus tard.

%d blogueurs aiment cette page :